Très attendu par les analystes, le plan de restructuration dévoilé mardi par Veolia Environnement a surpris par son ampleur. Le groupe prévoit en effet de céder 5 milliards d’euros d’actifs au cours des deux prochaines années, alors que le marché tablait sur 3 milliards environ de cessions.

«Ils ont annoncé un objectif extrêmement offensif qui ne va pas être aisé à réaliser dans le contexte économique actuel»
, commente Per Lekander, analyste chez UBS, cité par l’agence ReEuters. «C'est la bonne chose à faire, mais ils ne sont pas encore sortis d'affaire.»

La principale surprise réside dans le désengagement de l’activité transports, où le groupe occupe pourtant des positions de leader en France et dans le monde. Cette sortie se fera à travers une « recomposition » de l’actionnariat de Veolia Transdev, la société spécialisée dans le transport de voyageurs créée en mars et détenue à parité par Veolia et la Caisse des Dépôts (CDC), précise le groupe.

"Attaquer et non pas réagir"


Veolia prévoit également de céder ses activités dans l'eau régulée au Royaume-Uni et dans les déchets solides aux Etats-Unis. Alors que la crise pèse sur ses activités dans les déchets et que les municipalités mettent ses prix sous pression dans l'eau en France, Veolia avait déjà annoncé en août qu'il quitterait d'ici la fin 2013 près de la moitié des pays où il est présent et qu'il accélérerait ses réductions de coûts.

Au total, ces désinvestissements doivent permettre de réduire la dette nette du groupe à moins de 12 milliards d’euros, d’abaisser ses coûts d'exploitation bruts de 220 millions d’euros à compter de 2013, et de maintenir un dividende jusqu’en 2013.

«Cette transformation de Veolia est un projet ambiteux mais réaliste. C'est une construction pour développer le groupe, pour attaquer et non pas pour réagir à une difficulté passagère», a commenté lors d'une conférence de presse Antoine Frérot, le PDG de Veolia.

Vers 12h20, le titre avance de 0,6% à la Bourse de Paris, sur un marché en recul de 0,1%.