Alors que la grève des agents de sûreté s'étend ce mardi dans les aéroports français, c’est une autre actualité qui fait évoluer le titre Air France-KLM. La compagnie franco-néerlandaise pourrait monter au capital d’Alitalia, dont elle détient déjà 25%, selon la presse italienne.

Des responsables d'Alitalia ont rencontré vendredi à Paris le patron du groupe Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, en vue d’un rapprochement, a rapporté samedi le quotidien Il Messaggero. La compagnie transalpine souffre des difficultés de l'économie italienne et des effets de la crise de la dette en zone euro. Elle prévoit des pertes nettes de 60 à 70 millions d'euros pour 2011.

Face à ces difficultés, les actionnaires italiens s'impatientent et essayent de mettre fin à la période de blocage qui empêche le transfert d'actions à Air France-KLM jusqu'en octobre 2013, selon le journal qui précise qu’un conseil d'administration d'Alitalia est prévu mardi.

Alitalia, qui était au bord de la faillite en 2008, avait été reprise par une alliance de grands patrons italiens et fusionnée avec Air One, la deuxième compagnie de la péninsule. En 2009, Air France était entré au capital à hauteur de 25%. La compagnie française a refusé de commenter les informations d’Il Messagero.

Pour les analystes d’Oddo Securities, un rapprochement des deux compagnies « pourrait faire sens d’un point de vue stratégique, dans la continuité de la joint-venture Delta-AF-KLM-Alitalia sur l’Atlantique nord et compte tenu de la rentabilité des liaisons France-Italie » Toutefois, précise le bureau d’études, « cette opération ne serait pas bienvenue à l’heure actuelle car les finances d’Air France KLM ne permettraient ni un financement cash ni en dette bancaire, ce qui impliquerait un recours à une augmentation de capital qui aurait un fort effet dilutif ». Selon eux, il serait préférable que la compagnie française se concentre sur son redressement avant de se disperser dans une nouvelle opération de cette envergure.