Le marché de l’eau en France est-il anti-concurrentiel ? C’est ce que cherche à savoir la Commission européenne, qui a annoncé ce mercredi l’ouverture d’une enquête en matière d'ententes et d'abus de position dominante visant les entreprises françaises SAUR, Suez Environnement/Lyonnaise des Eaux et Veolia.
Le gendarme européen de la concurrence cherche à savoir si les entreprises concernées «ont coordonné leur comportement sur les marchés des services de l'eau et des eaux usées en France, en particulier en ce qui concerne des éléments du prix facturé au consommateur final», selon son communiqué.

Bruxelles précise, comme il est de règle, avoir informé les sociétés concernées et les autorités de concurrence des Etats membres de l'ouverture formelle d'une procédure. Ceci signifie que la Commission traitera cette affaire de façon prioritaire, mais cela ne préjuge en rien des conclusions de l'enquête, prend-elle soin de préciser.

La durée de ce genre d'enquête varie en fonction de différents éléments, «dont la complexité de l'affaire, le degré de coopération des entreprises concernées avec la Commission et l'exercice des droits de la défense», rappelle-t-elle. La Commission avait effectué des inspections surprises dans les locaux de plusieurs entreprises du secteur de la distribution d'eau et du traitement des eaux usées en France en avril 2010. Suite à cette première enquête, elle avait infligé une amende de 18 millions d’euros à Suez Environnement et à sa filiale Lyonnaise des Eaux pour un bris de scellé.

Par ailleurs, en mars 2011, 60 Millions de consommateurs dénonçait l’opacité des prix de l’eau en France, qui varie de 1 à 7 selon les communes. L’association avait alors lancé un vaste sondage auprès des Français sur les prix payés dans chaque commune, dont les résultats seront publiés en mars prochain.

Vers 12h00, l’action Veolia Environnement abandonne 3,4% et Suez Environnement 2,5%, sur un marché en hausse de 0,4%.