Uber, la société californienne qui bouscule l’industrie des taxis, pourrait avoir trouvé un allié de poids dans sa stratégie de conquête internationale. Le géant de l'internet chinois Baidu va investir jusqu’à 600 millions de dollars dans le service de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur), selon la Radio nationale chinoise (CNR).

Une conférence de presse réunissant les patrons des deux entreprises est programmée le 17 décembre à Pékin. Baidu devrait y dévoiler la signature d'un « important investissement transfrontalier et accord de coopération stratégique » d’après le média officiel. Uber vient pourtant de lever 1,2 milliard de dollars auprès d’investisseurs américains parmi lesquels Blackrock et Google Ventures. Mais la jeune société reste à la recherche de nouveaux investisseurs, en particulier dans la région Asie-Pacifique où elle espère se développer rapidement. Son développement en Chine se heurtera cependant à un marché déjà très concurrentiel avec deux applications populaires d'appels de taxis et véhicules : Kuaidi Dache, soutenu par le numéro un chinois du commerce en ligne Alibaba, et Didi Dache, appuyé par Tencent, autre mastodonte de l'internet local.

Des bâtons dans les roues

S’il a conquis des millions d’utilisateurs à travers le monde, Uber rencontre aussi des résistances dans certains pays. Un juge en Espagne a interdit mardi le service de VTC, estimant qu'il menait une concurrence déloyale aux taxis. La veille, New Delhi avait interdit à toutes les sociétés de voiturage utilisant une application mobile d'opérer dans la capitale indienne, après la mise en cause d'un chauffeur d'Uber dans une affaire de viol. Des obstacles réglementaires se sont également dressés en Allemagne, aux Pays-Bas et en France où le tribunal de commerce de Paris doit se prononcer ce vendredi sur la légalité du nouveau service UberPOP (permettant à des particuliers de proposer des ‘courses’ dans leur propre voiture).

Des difficultés que les responsables du groupe ont tendance à minimiser. «L’histoire nous a montré que chaque innovation réellement révolutionnaire a dû affronter une farouche opposition de la part des protagonistes en place et des actions rétrogrades des régulateurs», a commenté mardi un porte-parole d’Uber. Le groupe affirme vouloir créer un million d’emplois en 2015 - essentiellement des chauffeurs. Sa valorisation atteint 40 milliards de dollars sur la base de sa dernière levée de fonds.