Les sociétés autoroutières et l’Etat vont-ils enterrer la hache de guerre ? Au lendemain de l’annonce par Manuel Valls du gel des tarifs des péages en 2015, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a évoqué ce matin sur RTL un accord avec les sociétés autoroutières. « Le Premier ministre a dit que le gel des tarifs est acquis pour 2015, donc je vous le confirme et dans les prochaines heures ce sera signé », a-t-il dit.

Les tarifs autoroutiers devaient augmenter en moyenne de 1,07% cette année mais le gouvernement avait décidé de « surseoir » à la première hausse prévue le 1er février. Les sociétés autoroutières avaient dénoncé une entorse aux contrats de concession et menacé de saisir la justice. Aujourd’hui non seulement le gel des tarifs est confirmé mais il ne s’accompagnera pas d’un rattrapage sur l’année 2016, selon la ministre de l’écologie Ségolène Royal.

L’Etat a cependant dû offrir des garanties aux groupes concernés. Parmi elles, un allongement de la durée des concessions et le lancement d’un plan d’investissement de 3,2 milliard d’euros. Ainsi même si le blocage des tarifs peut apparaître comme une mauvaise nouvelle pour les sociétés concernées (les groupes français Vinci et Eiffage ainsi que l’espagnol Abertis, propriétaire de Sanef et SAPN) l’accord met fin à sept mois d’incertitude sur l’avenir des concessions autoroutières. Deux rapports publiés l’année dernière avaient semé le trouble dans le secteur. L’un, de l’Autorité de la concurrence, dénonçait les « surprofits » des sociétés d’autoroutes, l’autre de la Cour des comptes le caractère « déséquilibré » des contrats de concession. Après avoir menacé de dénoncer les concessions au 31 décembre 2014, le gouvernement s’est ravisé et a finalement choisi une solution de compromis.