Trois ans après son entrée dans le traitement des déchets nucléaires, Veolia a décidé « d'accélérer » sur ce marché estimé à 210 milliards de dollars d'ici 2030, en rachetant l'américain Kurion, spécialiste de la décontamination déjà présent à Fukushima. Le leader mondial des services à l’environnement va débourser 350 millions de dollars pour cette acquisition qu’il juge stratégique : sur les 391 réacteurs nucléaires commerciaux actuellement en service dans le monde, 100 à 150 devraient être arrêtés d'ici 2030.

« Le marché a commencé à décoller réellement en 2015. Il offre désormais des possibilités de consolidation. La plus belle de ces opportunités s'appelle Kurion (...) Elle était disponible et j'ai donc décidé que c'était le moment d'accélérer pour l'acquérir », a déclaré Antoine Frérot, le PDG de Veolia, lors d'une conférence de presse mercredi.

Fondé en 2008 et basé à Irvine en Californie, Kurion est également implanté au Royaume-Uni et au Japon, où ses technologies lui ont permis d'être « le seul opérateur international à intervenir à ce jour à Fukushima pour le compte de Tepco », le géant public de l'électricité japonaise, souligne Veolia dans un communiqué. L'entreprise américaine maîtrise en effet l'accès robotisé aux zones irradiées, la séparation des éléments radioactifs (césium, strontium, iridium...) présents dans les déchets ou l'eau contaminée et leur « stabilisation » par vitrification. Elle emploie 200 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 100 millions de dollars en 2015.

"Accélérer la croissance"


Veolia espère faire passer ce chiffre d’affaires à 350 voire 400 millions de dollars en 2020, en se concentrant sur le traitement des déchets faiblement radioactifs (qui représentent 97% des volumes mais seulement 0,1% de la radioactivité) et l'assainissement des équipements nucléaires. Il vise quatre marchés principaux : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et le Japon.

Il s’agit de la première acquisition de taille moyenne pour Veolia après plusieurs années de désendettement. « Aujourd'hui, Veolia est en situation de pouvoir accélérer sur sa croissance », a expliqué Antoine Frérot, ajoutant qu’il envisageait d’autres acquisitions de plus petite taille dans le secteur. Vers 17h le titre cédait 1,2% sur un marché parisien en baisse de 1,6%