Il en faut peu pour inquiéter les investisseurs. Alors qu'il a publié un chiffre d'affaires en hausse de 15% au premier trimestre, à 748 millions d'euros, le numéro mondial de l'affichage extérieur JCDecaux voit son titre chuter de près de 8% mercredi à la mi-journée.

En cause, les prévisions du groupe pour le deuxième trimestre où il n'attend "que" 3% de croissance organique contre 10,5% au premier. En effet, JCDecaux est en retard sur la mise en œuvre d'un gros contrat dans le réseau de bus londoniens. "Nous avons démarré le deuxième trimestre avec seulement 20 écrans au lieu de 300 et la perte attendue de revenus publicitaires par rapport à notre plan initial sera significative pour notre activité de mobilier urbain au Royaume-Uni au premier semestre", a expliqué Jean-François Decaux, le président du directoire. Le groupe évoque également le ralentissement de l'économie mondiale pour justifier sa prévision prudente.

Le ralentissement de l'économie mondiale n'a pourtant guère pesé sur les activités du groupe au premier trimestre. Les ventes ont progressé "sur tous ses segments d’activité et sur toutes ses régions", y compris en Russie et en Amérique latine, deux régions pourtant sinistrées. La branche Transport affiche une croissance organique particulièrement robuste (+12,9%) notamment en Asie-Pacifique. En outre l'intégration des récentes acquisitions, notamment en Amérique latine et aux Etats-Unis, "progresse bien". "Avec notre exposition grandissante aux pays à plus forte croissance, le déploiement de notre portefeuille digital allié à une nouvelle plateforme de vente à l’audience alimentée en données qualitatives, notre faculté à remporter de nouveaux contrats et la qualité de nos équipes dans le monde, nous sommes convaincus que nous sommes bien positionnés pour continuer à surperformer le marché publicitaire mondial et renforcer notre position de numéro un du marché de la communication extérieure grâce à des gains profitables de parts de marchés", conclut le groupe. Un message qui devrait rassurer les investisseurs au-delà du faux-pas boursier du jour.