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Le 2.0 séduit entreprises et investisseurs

Le 2.0 séduit entreprises et investisseurs

(Easybourse.com) Moins coûteux, plus interactif, plus attractif, le Web 2.0 a la cote auprès des entreprises. Les investissements dans l'Internet reprennent leur envol. En 2006, les fonds de capital-risque ont investi 4 milliards de dollars dans ce secteur aux Etats-Unis.

Interview de Stéphane Juvigny

Interview

Stéphane Juvigny

directeur du pôle de compétences services en ligne

Alligra

Avec le Web 2.0, «la plupart [des entreprises] cherchent à optimiser le parcours utilisateur et à rendre plus interactives leurs interfaces», observe Stéphane Juvigny, directeur du pôle de compétences services en ligne chez Alligra, une société de conseils spécialisée dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Chats, commentaires d’articles, voire notations de ceux-ci, blogs, etc., les entreprises de presse traditionnelles constituent un bon exemple d'ajustement 2.0. Comme le fait remarquer Jean-François Gervais, auteur de «Web 2.0 : les internautes au pouvoir», les quotidiens français, et notamment Le Monde et Libération, proposent une plate-forme communautaire. D’ailleurs, pour ce dernier, en crise, ce positionnement Web constitue «un enjeu non négligeable», note-t-il. Mais, c’est, selon lui, le New York Times qui se démarque tout particulièrement dans le domaine et qui «est vraiment passé 2.0».

Au rangs des premiers concernés, Jean-Pierre Elkabbach, journaliste et président d'Europe 1. Il a récemment déclaré dans un point de vue au Monde que «grâce aux nouvelles technologies, la production d'information se fait presque instantanément et sans coût».

Quant à Anne-Sophie Pastel, PDG d’auFeminin.com, le portail féminin qui vient de lancer  la version multimédia Web 2.0, elle nous a récemment confié que «l’objectif [était] de fidéliser [l]es lectrices» qui ont déjà «la possibilité de personnaliser leur espace auFeminin.com avec un choix de fonds, l’agencement de pages, la possibilité d’intégrer des contacts, la création d’un blog...».  Et de poursuivre : «Nous n’avons pas chiffré nos attentes mais le Web 2.0 devrait nous permettre de faire un bond en termes d’audience».

Stéphane Juvigny estime qu’«à ce jour, il existe déjà plusieurs initiatives qui prouvent que les acteurs [des médias] ont pris à leur mesure le sujet […]. Ce secteur d’activité se doit d’être réactif, et il l’est à mon sens». Et d'ajouter : «Je pense que nous allons assister à des choses très intéressantes en la matière dans un avenir proche».

Plus généralement, comme le fait remarquer Christophe Chausson, président-fondateur de Chausson Finance, une société d'investissement en capital-risque, «le Web 2.0 permet aux entreprises de développer des sites moins chers qu'avant et de faire du marketing pour dix fois moins cher qu'avant».

Mais gare à la bulle financière qui guette. Le suédois Niklas Zennström, cofondateur de Kazaa et Skype avec le danois Janus Friis, reconnaissait lors de son passage à Paris en décembre qu''il [était] actuellement très facile pour une start-up de lever de l'argent, et les valorisations sont élevées'.

Certes, «parler de bulle est très légitime» acquiesce Christophe Chausson, mais, selon lui, «il ne faut pas oublier de dire que les éléments ont changé» depuis la fin des années 90. Aujourd'hui, «80% des foyers sont équipés en haut débit», précise-t-il. Selon les derniers chiffres de L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) publiés début février, le nombre d'abonnements à Internet haut débit a progressé de 3,3 millions en un an (+40%) pour atteindre 11,8 millions à la fin du troisième trimestre 2006 (80% de l'accès à Internet).

En définitive, à l'instar de l'an passé, 2007 devrait, une nouvelle fois, être un bon millésime pour l'investissement dans le domaine du 2.0.

Marjorie Encelot


Publié le 12 Février 2007