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Interview de Jean-Louis Chaussade : Directeur général de Suez Environnement

Jean-Louis Chaussade

Directeur général de Suez Environnement

Nous comptons sortir de la crise avec un bilan fort

Publié le 26 Août 2009

Extraits de la séance de questions-réponses qui s’est tenue mercredi 26 août 2009 à l’issue de la présentation des résultats semestriels du groupe.

Etant donné que vous avez dépassé votre objectif de réduction de coûts au premier semestre, qu’est-ce qui vous a empêché de relever votre objectif dans ce domaine ?
Je vous confirme que nous avons un objectif d’accélération de notre programme Compass [ndlr : le plan pluriannuel de réduction des coûts du groupe], qui fait que nous irons plus haut que le chiffre d’économies initialement communiqué. Mais nous ne voulons pas annoncer de nouveaux chiffres à chaque trimestre ou à chaque semestre, c’est pourquoi nous fixerons de nouveaux objectifs en fin d’exercice au moment de la présentation des comptes de 2009.

Votre filiale Degrémont [ndlr: spécialiste du retraitement de l’eau] va-t-elle augmenter son volume d’affaires compte tenu de son carnet de commandes déjà bien fourni ?
Il est clair que Degrémont a aujourd’hui un backlog considérable – 26 mois contre 18 habituellement – et que cela va se traduire mécaniquement par une hausse de son chiffre d’affaires. Ce dernier devrait dépasser 1,2 milliard d'euros au cours des prochaines années (contre environ 1 milliard aujourd’hui), notamment grâce à la construction d’une usine de dessallement à Melbourne, en Australie, qui devrait générer des revenus de 200 millions d’euros par an au cours des trois prochaines années. Ce projet entrera en production début septembre.
Je suis extrêmement confiant dans l’avenir à moyen terme de Degrémont tant en termes de chiffre d’affaires que de rentabilité.

Vous avez déclaré ce matin sur BFM que l’activité déchet, en forte baisse au début de l’année, s’était stabilisée. Pourriez-vous préciser cette tendance ? (question s’adressant au directeur financier, Jean-Marc Boursier)
(Jean-Marc Boursier)On a vécu deux phases distinctes au cours du premier semestre en ce qui concerne la collecte et le recyclage des déchets. En janvier-février, la situation a été très difficile en raison de fermetures d’usines de la part de nos clients industriels. Depuis le mois de mars, la tendance est un peu meilleure, l’activité s’étant stabilisé à un niveau inférieur à celui de 2008 mais supérieur à celui de janvier février. Nous n’avons pas constaté de signes d’amélioration au cours de l’été. Le prix du papier recyclé augmente de manière régulière (10 euros à fin mars, 25 à la fin de l’été), en revanche le prix du métal est resté stable à un niveau bas. Pour l’heure, les signaux de reprise de cette activité sont faibles. 
 
Quelle est votre politique de dividende pour cette année ?
Je ne souhaite pas me prononcer sur le niveau du dividende au titre de l’année 2009 tant que nous n’avons pas vu à quoi ressemblera le deuxième semestre. Nous nous prononcerons dès que possible sur ce sujet.

Envisagez-vous des acquisitions ?
Nous n’envisageons pas de faire des acquisitions en 2009. Nous y renonçons tant que nous n’avons pas compris comment va se terminer la crise. D’autre part, il y a aujourd’hui un écart entre les prétentions des vendeurs et celles des acheteurs, en particulier dans le secteur du déchet. Mais quand nous aurons une meilleure visibilité, nous regarderons les opportunités. Je suis sûr qu’il y a aura des opportunités, en particulier parce que nous comptons sortir de la crise avec un bilan fort.

Votre concurrent Veolia a indiqué au début du mois qu’il avait observé une pression sur les prix de collecte des déchets ordinaires en Europe. Avez-vous vous aussi observé cette pression ?
C’est vrai qu’il y a une pression sur les prix de collecte des déchets auprès des industriels, notamment en raison de la pression concurrentielle. Mais elle n’est pas déterminante pour la rentabilité de notre filiale. Nous sommes plus attentifs aux volumes. Dans ce domaine, il n’y a pas d’amélioration notable depuis quatre mois. Il n’y a pas un courant continu d’affaires à ce stade.

Quelles sont les hypothèses macroéconomiques qui sous-tendent votre nouvel objectif de stabilité du chiffre d’affaires et de l’Ebitda cette année ?
Nous tablons sur une stabilité voire une amélioration au dernier trimestre de l’activité économique. Si au contraire nous assistons à un approfondissement de la crise, alors nous ne pourrons pas tenir l’objectif de stabilité du chiffre d’affaires et de l’Ebitda.

Extraits recueillis par François Schott