L’épilogue était connu depuis plusieurs semaines. Le groupe chinois Fosun et ses partenaires ont confirmé mardi dans un communiqué leur intention de retirer Club Méditerranée de la cote après le succès de leur Offre publique d’achat (OPA) sur le groupe. Ce « retrait obligatoire » peut être mis en oeuvre lorsqu’un actionnaire dépasse le seuil de 95% des droits de vote d’une société cotée, ce qui est le cas de Gaillon II, le véhicule d’investissement de Fosun. Il oblige les actionnaires minoritaires à céder leurs titres au prix proposé par le repreneur dans le cadre de son OPA soit, dans le cas de l’offre de Fosun sur le Club Med, 24,60 euros par action. Le retrait pourrait avoir lieu « dans les dix jours », précise Gaillon.

Gaillon détient déjà 98,29% du capital et 96,40% des droits de vote du groupe de tourisme français, selon une publication de l’Autorité des marchés financiers (AMF) mardi. Jusqu’en fin d’année dernière l'investisseur chinois assurait vouloir maintenir la cotation du Club Med à la bourse de Paris, gagne de son «ancrage français». Mais compte tenu de la faible liquidité du titre désormais et du désengagement de nombreux actionnaires français dont la Caisse des dépôts, un retrait de la cote s’est logiquement imposé.

Fosun a désormais les coudées franches pour mettre en œuvre sa stratégie d’internationalisation du Club Med, avec une accélération prévue des ouvertures de villages en Chine et au Brésil. Les syndicats, eux, s’inquiètent pour l’avenir des villages les plus anciens, situés en Europe, qui nécessitent parfois des travaux de rénovation et dont le potentiel semble plus limité compte tenu de la baisse des dépenses des touristes européens. Après avoir dépensé près d’un milliard d’euros pour mettre la main sur une entreprise déficitaire, Fosun pourrait être tenté de tailler dans les coûts pour mieux préparer le développement international du Club Med, et son éventuel retour en Bourse. Car Fosun n'exclut pas un retour en bourse du Club Med, pourquoi pas à Paris mais plus sûrement à Hong Kong, Shanghai ou Sao Paulo, là où sont les nouveaux marchés du groupe. En attendant c'est l’une des plus longues histoires boursières françaises qui prend fin. Le Club Med était entré en bourse en 1966.