Le titre du groupe hôtelier français AccorHotels était recherché vendredi à la Bourse de Paris (+4,8% vers 16h45) alors que le groupe suscite beaucoup d'intérêt de la part de son homologue chinois Jin Jiang. Selon le Figaro, le groupe détenu par la ville de Shanghai, actionnaire à plus de 15% de l'hôtelier tricolore, voudrait monter à 29% de capital au grand dam de l'Etat français qui redoute une prise de contrôle rampante.

Après avoir acquis environ 1% du capital d'AccorHotels l'année dernière Jin Jiang a franchi le seuil de 5% en janvier et celui de 10% en février, avant d'annoncer en fin de semaine dernière détenir 15% du groupe français. L'objectif du groupe, selon le Figaro, est d'accroître encore cette participation et d'obtenir un siège au conseil d'administration.

Dans cette optique il aurait fait une offre aux fonds Colony Capital et Eurazeo afin de leur racheter leur participation de 11,08% détenue de concert. Mais ceux-ci "auraient clairement indiqué qu'ils ne cèderaient pas leurs titres à Jin Jiang sans accord préalable du Pdg d'AccorHotels, Sébastien Bazin, et de son conseil d'administration", selon le journal. L'Etat estime qu'il a également son mot à dire, bien qu'il ne soit pas actionnaire d'Accor. Toujours d'après le Figaro le gouvernement négocierait un plafonnement de la participation et des droits de vote de Jin Jiang dans le groupe français, sur le modèle de l'accord passé entre Dongfeng et PSA.

La bourse semble, elle, voir d'un bon œil l'émergence du chinois comme premier actionnaire d'AccorHotels. "Les informations autour de Jin Jiang donne un attrait spéculatif à la valeur qui a souffert depuis un an avec les attentats et la concurrence d'acteurs comme Airbnb", souligne Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez HPC, cité par l'AFP.