Interview de Franck Silvent : Directeur général délégué de Compagnie des Alpes

Franck Silvent

Directeur général délégué de Compagnie des Alpes

En relançant la marque Walibi, avec un capital engagé assez limité, le groupe souhaite améliorer les marges sur les 2-3 ans à venir

Publié le 25 Mai 2011

Quels commentaires vous inspirent vos résultats du premier semestre 2010-2011, intégrant d’importantes variations de périmètre ?
Les résultats du premier semestre ont été marqués par de nombreuses variations de périmètre (Futuroscope, les Deux Alpes, cession de sept parcs de loisirs), reflétant la politique de gestion dynamique des actifs du groupe. Ainsi, il faut surtout regarder les données à périmètre comparable qui ressortent toutes en hausse sur le semestre.
Sur la période, dans les domaines skiables, nous avons connu un contexte très adverse, avec un très faible enneigement naturel (record de 40 ans) cet hiver après Noël. Notre programme de neige de culture et de damage, qui représentent des coûts d’énergie supplémentaires mais peu significatifs, a toutefois permis de garantir de bonnes conditions de ski sur la saison.
Concernant les parcs de loisirs, il faut rappeler que l’essentiel de cette activité se concentre sur la saison printemps-été.

Pouvez-vous évoquer le dénouement du litige lié au téléphérique Vanoise Express ?
Lors de la saison 2007-2008, un incident technique a entraîné l’arrêt du Vanoise Express durant un an. Ce transport permet de relier les domaines skiables des Arcs et de La Plagne. Compagnie des Alpes a reçu une indemnité de plus de 7 millions d’euros suite au dénouement du litige relatif au téléphérique Vanoise Express.

Où en est la relance de la marque Walibi ? Avez-vous des objectifs chiffrés liés à ce plan de relance ?
Le plan de relance de la marque Walibi concerne non seulement les effets dans les parcs actuels, mais aussi un projet pour faire vivre la marque et ses personnages en dehors des parcs (projets de série animée, de bande dessinée, de jeux vidéo…). Ce plan de relance se fait dans une logique partenariale. Avec un capital engagé assez limité (15 millions d’euros à ce stade), le groupe souhaite améliorer les marges sur les 2-3 ans à venir. Avec une attractivité renforcée, Compagnie des Alpes veut soutenir progressivement des prix plus élevés dans les parcs et les boutiques et maîtriser les montants des investissements, car la force de la marque nous permet ainsi de sortir de la logique d’un nouvel investissement lourd tous les 2 à 3 ans et de tabler sur des produits d’appel plus «softs» pour créer la revisite.

Dans vos perspectives, pour limiter du recul de l’activité Domaines skiables, vous évoquez des mesures conjoncturelles ? Quelles sont-elles ?
Les mesures conjoncturelles peuvent consister à débaucher des saisonniers plus tôt dans la saison, ou à différer certaines dépenses d’entretien qui sont moins prioritaires.

Quelles sont vos prévisions pour le reste de l’exercice ?
Dans nos activités, il est difficile de faire des prévisions. Pour les domaines skiables, les recettes des Remontées mécaniques devraient enregistrer un faible recul de l’ordre de -1% sur l’ensemble de la saison.
Pour les parcs de loisirs, le début de la saison est bon avec une tendance positive sur la fréquentation des parcs comme sur les dépenses par visiteur. Les parcs Walibi, soutenus par la relance de la marque, ont très bien fonctionné depuis leur réouverture. Il en est de même pour le Futuroscope, même si la base de comparaison (décalage d’ouverture d’une semaine et effet Arthur) ne permet pas de refléter ce dynamisme dans les chiffres publiés. En revanche, le musée Grévin a présenté des résultats beaucoup plus en demi-teinte, notamment du fait d’une base de comparaison défavorable mais aussi avec une météo ensoleillée qui est moins favorable aux sites en intérieur.

Avez-vous de nouvelles acquisitions ou cessions d’actifs en vue sur le reste de l’exercice ?
Ayant cédé un certain nombre d’actifs récemment, nous n’avons pas a priori de projet de nouvelles cessions dans l’immédiat. Du côté des acquisitions, nous travaillons sur certains dossiers, notamment dans la prestation de services, le management, l’assistance au management. Nous sommes très proches d’un accord pour le site russe de Sotchi, et nous regardons les opportunités en Europe et en Asie. Nous souhaitons aussi développer l’ouverture de musées Grévin à l’international (Europe, Asie, Canada…), et deux de ces dossiers sont très avancés.

Avez-vous d’importants investissements prévus pour cet exercice ?
Il y a d’abord l’essentiel des investissements du plan de relance de la marque Walibi, mais aussi la préparation d’une nouvelle attraction pour l’an prochain au Parc Astérix. Pour les domaines skiables, la neige de culture et le damage devraient représenter 20% à 25% du programme d’investissement alloué au ski.

Vous mettez en place une stratégie industrielle basée entre autres sur l’internalisation de la rénovation d’équipements, qu’attendez-vous de cette stratégie ?
Nous attendons de cette stratégie industrielle une rationalisation en termes de coûts mais également de process. Nous internalisons effectivement une partie de la réalisation et de la rénovation d’équipements. Nous mettons en place un département achats et envisageons de lancer des appels d’offres groupés. Les premiers effets de ce programme devraient se ressentir dès cet exercice.

Propos recueillis par Claire Lavarenne