EDF plonge en bourse suite au rapport de l'ASN
(Easybourse.com) Au lendemain de la publication du rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui impose aux opérateurs d'investir massivement pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires, le titre EDF accuse le coup et plonge en bourse de 4,09% autour de 12h.
La bonne nouvelle n'aura pas durée. Le rapport de l'ASN n'exigeait en effet aucune fermeture de centrales comme le demandait nombre de riverains et de municipalités confrontés au vieillissement des installations nucléaires à leur proximité.En revanche, l'institution a pointé du doigt des insuffisances majeures en matière de sûreté qui devraient contraindre les opérateurs, à l'instar d'EDF, à investir très massivement dans leurs installations afin d'en renforcer les niveaux de sécurité dans le cas d'évènements extrêmes (inondation, séisme etc.).
Or ces investissements pourraient atteindre, d'après les exigences de l'ASN, une somme de 10 milliards d'euros sur dix ans, soit bien plus que ce qu'escomptait EDF. Ce dernier indiquait en effet mardi soir que la prolongation de 40 à 60 ans de la durée de vie des centrales les plus anciennes, nécessiterait finalement entre 40 et 50 milliards d'euros sur 30 ans.
Pour mémoire, l'opérateur historique EDF avait indiqué en juillet dernier son souhait de porter à plus de 3 milliards d'euros le montant des investissements dans ses centrales, contre un peu moins de 2 milliard prévus en 2011.
Pour les analystes, ces investissements sont donc bien au-dessus des prévisions, comme l'a rappelé Eric Besson ce matin sur Europe 1. En effet, pour le ministre chargé de l'Industrie et de l'Energie, "ce qui est demandé par l'ASN, c'est de l'ordre de 10 milliards de travaux supplémentaires. C'est à comparer avec les 4 milliards d'euros de maintenance par an qu'EDF réalise déjà". Or, a-t-il ajouté, "ça fait dix [milliards d'euros] sur dix ans, un milliard à peu près par an : concrètement, si vous prenez une facture de 100 en 2012, ça voudrait dire une facture de 102 dans dix ans", a-t-il ajouté. Sans oublier, les coûts supplémentaires pour le démantèlement et l'enfouissement des déchets ultimes... Au total a toutefois estimé le ministre, "le kilowattheure nucléaire restera ce qu'il y a de moins cher après l'hydraulique et bien au-dessous de l'électricité produite par le gaz, l'éolien, le solaire, etc."
A Paris peu avant 12h30, le titre EDF cède 4,09% à 18,430 euros.
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Publié le 04 Janvier 2012
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