Deminor dénonce des conflits d'intérêts dans la filière nucléaire française
(Easybourse.com) Le cabinet de conseil aux actionnaires minoritaires Deminor a envoyé deux lettres ouvertes à Henri Proglio et au patron du Crédit Suisse dans lequel il dénonce des conflits d'intérêts autour de la recapitalisation du groupe Areva.
Des salariés d’Areva ont mandaté le cabinet de conseil aux actionnaires Deminor pour faire la lumière sur les récents mouvements au capital du groupe nucléaire français.«Nous avons été mandatés par le conseil de surveillance du FCPE Framépargne, le fonds d’épargne salariale de la société Areva. Ce FCPE détient environ 0,4% du capital de la société et représente les intérêts de plus de 10.000 salariés».
«Les salariés d’Areva présents dans Framépargne sont inquiets face aux différents évènements qui touchent la société depuis quelques mois, notamment le fait qu’une augmentation de capital sans cesse reportée se termine finalement par une opération a minima. Tout ceci se traduit aujourd’hui dans les faits par une baisse de la valorisation de la société, donc de la valeur de l’épargne des salariés», écrit Deminor dans une lettre adressée au groupe Credit Suisse et à Henri Proglio, le patron d’EDF.
Le rôle trouble de l'ancien patron d'EDF
L’augmentation de capital d’Areva a effectivement été réalisée dans la douleur fin décembre, après avoir été retardée à plusieurs reprises. Elle valorise le constructeur français de centrales nucléaires à 11,5 milliards d'euros, alors que ce dernier valait 12,2 milliards d'euros lors de sa création en 2001. L’Etat français y a contribué à hauteur de 300 millions d’euros, auxquels s’est ajouté un investissement de 600 millions d’euros du fonds souverain du Koweit et une levée de 35 millions réservée aux actionnaires du groupe. Au total, le capital a été augmenté de 7,2% contre 15% initialement prévus, faute d’un accord avec le fonds souverain du Qatar et le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries qui s’étaient pourtant montrés intéressés.
Or, selon Deminor, Areva est au centre d’un conflit d’intérêts entre EDF, l’Etat français et Credit Suisse. Le cabinet souligne notamment le fait que le président d’honneur d’EDF, François Roussely, est aussi vice-président de Credit Suisse, la banque qui a conseillé Areva lors de la cession de sa branche T&D en décembre 2009 ainsi que le fonds souverain du Qatar lorsque ce dernier voulait investir dans le groupe. M. Roussely a ensuite été mandaté par l’Elysée pour établir un rapport sur l’avenir de la filière française du nucléaire civil, dans lequel il suggère à Areva d’apporter ses actifs miniers d'uranium à une société dont le groupe nucléaire conserverait la majorité. «C'est précisément cette idée qui a été développée par le Qatar au dernier moment», souligne Deminor.
«Vous comprendez que l’imbrication des situations évoquées précédemment dans lesquelles se retrouve directement ou indirectement votre groupe (EDF) suscite de nombreuses interrogations et nécessite donc des explications», ajoute le cabinet.
Ces explications intéresseraient certainement les investisseurs particuliers qui ont prévu de souscrire à la prochaine entrée en Bourse d’Areva, prévue d’ici fin juin.
Lire aussi : - Le rapport Roussely est-il bien compris?
- Les révélations d'Atomic Anne sur l'échec d'Abu Dhabi
F.S.
Publié le 02 Février 2011
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ssii a dit:
et les conflits d'interet Roussely(Credit Suisse) Proglio H(EDF) Proglio R(Morgan Stanley) conseils de Constellation Energy lors des achats a prix astronomiques par EDF de Constellation Energy 2005-2010?





