Pétrole contre nourriture : le retour de flamme
(Easybourse.com) Rebondissement inattendu dans l'affaire "pétrole contre nourriture": malgré le non-lieu requis par le parquet de Paris, Charles Pasqua et le PDG de Total, Christophe de Margerie, ainsi que 19 autres personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel.
Par deux fois en 2009 et en 2010, le parquet de Paris a vainement tenté de mettre un terme à l'affaire "Pétrole contre nourriture" dans laquelle plusieurs personnalités françaises seraient impliquées, à commencer par Charles Pasqua.Mais un nouveau rebondissement est venu ternir le radieux horizon semblant se dessiner pour les accusés. En effet, le juge d'instruction Serge Tournaire vient de prendre la décision de renvoyer devant le tribunal correctionnel 19 personnes, dont le PDG de Total, Christophe de Margerie, ainsi que l'ancien ministre Charles Pasqua. Le groupe pétrolier français sera par ailleurs jugé en tant que personne morale dans cette affaire.
Les faits
Pour mémoire, l'affaire "Pétrole contre nourriture" est née du programme éponyme mis en place entre 1996 et 2002, qui devait combler les besoins alimentaires du peuple irakien, après la «Deuxième guerre du Golfe», causés par les sanctions économiques mises en place par l'ONU suite à l'invasion du Koweït par l'Irak en août 1990.
Objectif, permettre à Saddam Hussein de contourner l'embargo afin d'échanger du pétrole contre des denrées alimentaires et des médicaments. C'est dans le cadre de ce programme que les accusés sont soupçonnés de corruption et de trafic d'influence.
Influence et malversations ?
Les accusations portent principalement sur les dirigeants de Total, que l'on soupçonne d'avoir mis en œuvre un système de corruption via des commissions occultes permettant de contourner l'embargo de l'ONU à l'aide de sociétés écrans.
Dans le détail, Total est accusé de corruption d'agents publics étrangers, recel de trafic d'influence et complicité de trafic d'influence. Mais son PDG, Christophe de Margerie, se veut "confiant dans l'issue du procès", arguant qu'aucune preuve n'établit "la réalité de ces allégations pour lesquelles le parquet a déjà requis deux non-lieu depuis l'ouverture de l'instruction en 2002".
Quant aux personnalités plus politiques également accusées de corruption, pour avoir accepté les commissions sous forme de barils de pétrole, se retrouvent deux anciens diplomates : Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l'ONU de 1991 à 1995, et Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d'Orsay. Enfin et surtout, l'ancien ministre Charles Pasqua qui devra répondre devant la justice pour les accusations de corruption et trafic d'influence. Son avocat se dit néanmoins sans inquiétude quant à l'issue du procès.
Le procès devrait se tenir au plus tôt en 2012.
Nicolas Sandanassamy
Publié le 03 Août 2011







