Interdire les ventes à découvert, pour quoi faire ?
(Easybourse.com) L'AMF a annoncé ce vendredi une interdiction des ventes à découvert sur onze valeurs financières pendant 15 jours afin de faire face à la volatilité des marchés. Cette interdiction devrait prendre effet aux alentours du 25 août à la date de la liquidation du SRD (Service de Règlement Différé). Cette interdiction va-t-elle vraiment servir à quelque chose ?
Normalement les investisseurs ont le droit de vendre sur le marché un titre qu’ils ne détiennent pas à condition de les emprunter auparavant. Cette pratique est souvent utilisée par les les hedge funds ou les investisseurs qui gèrent du long-short.Or certains acteurs vendent des titres sans les détenir et sans les avoir emprunter non plus. On appelle cela de la vente à découvert à nue.
Concrètement, 10 000 titres peuvent seulement être en circulation sur un marché mais grâce à ces ventes à découvert des positions vendeuses peuvent être ouvertes sur 100 000 titres. Les mouvements sont alors amplifiés.
C’est cette pratique, qui favorise la spéculation, que l’Autorité des marchés financiers a décidé d’interdire.
Cette interdiction avait déjà été décidée à la suite de la déroute de Lehman Brothers en 2008.
«Nous ne sommes absolument pas dans la même situation qu’au moment de Lehman. Nous avons des marchés interbancaires qui fonctionnent correctement et les banques ne sont pas en panne de liquidités» rassure Georges Pauget, président d'Économie Finance et Stratégie.
En revanche on a affaire à une extrême instabilité du marché. «Dans un contexte dominé par un ébranlement de la confiance, cette interdiction était une des seules mesures que l’on pouvait prendre» soutient Gregori Volokhine, président de Meeschaert Capital Markets.
Une moindre spéculation
Cette interdiction devrait permettre d’avoir une moindre spéculation sur les marchés et ce par plusieurs effets.
Tout d’abord, elle devrait conduire à «une augmentation du taux d’emprunt des titres [dès lors qu'il devrait y avoir plus d'acteurs qui seront amenés, par la contrainte, à emprunter]», estime Cyril Collet directeur de la gestion actions chez CPR AM. «Il devrait y avoir un coût supplémentaire à la mise en place de la stratégie».
Cette interdiction devrait également réguler l’aspect vente et limiter les phénomènes boule de neige. En cela la décision de l’AMF devrait «rendre plus difficile les flash trading, ces opérations automatiques faites par ordinateur qui consiste à passer des ordres à la nanoseconde» signale Yves Marçais, vendeur actions chez Global Equities.
Effets controversée sur la liquidité
Pour Yves Marçais, l’interdiction des ventes à découvert devrait cependant générer beaucoup moins de liquidité sur les marchés. «On l’a bien vu ce matin où on a eu des écarts de prix très importants entre les meilleurs acheteurs et les meilleurs vendeurs. Sur une action comme Crédit Agricole on a pu avoir un écart de 2,5%. Cela a été la conséquence d’un manque d’intervenants sur le marché» signalait l’expert sur BFM Business.
«Beaucoup d’investisseurs institutionnels utilisent habituellement ces ventes pour se couvrir et limiter les risques auxquels ils sont exposés» avance Gregori Volokhine. Cela fera autant d’intervenants en moins.
Cet effet négatif sur la liquidité n'est pas de l’avis de Bertrand Lamielle, directeur de la gestion chez B*capital pour qui cette interdiction devrait permettre de faire racheter tous ceux qui étaient à découvert. «Tous ceux qui étaient vendeurs à découvert vont devoir se racheter. Il est fort probable que dans les jours à venir les financières mènent le marché»
Un remède qui n'est pas miraculeux
Si la mesure prise par l’AMF a vocation à tenter de mettre un peu de rationalité dans le système et d’empêcher ou de limiter les mouvements erratiques, pour autant elle n’empêchera pas le marché de baisser.
«Cette interdiction n’a pas vocation à être très efficace. Elle peut peu être limiter les mouvements et freiner quelque peu la volatilité mais elle n’empêchera pas le marché d’aller dans le sens où il a envi d’aller» assure Olivier Anger, gérant au sein d’Olivier Anger Conseil
«L’interdiction en 2008 n’avait pas empêché le marché de baisser en 2009 de 3600 à 2500 points. La reprise de la vente à découvert a été faite il y a très peu de temps. Ce n’est pas ce genre de décision qui arrête les spéculateurs. D’autres produits dérivés leur permettent de profiter de la baisse de ces titres» renchérit Jean Amar, membre de la cellule info d'experts chez Bourse Direct.
En attendant, le Cac 40 progresse fortement, entre autres choses, à l'annonce de cette nouvelle. L'indice phare de la place parisienne grimpe de 4,02%, porté notamment par les valeurs financières.
Natixis signe ainsi la plus forte hausse avec +9,22%. Société Générale gagne 3,35%, BNP Paribas 2,91%, et Crédit Agricole 1,80%.
Imen Hazgui
Publié le 12 Août 2011
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zeus a dit:
question: qui va mettre de l'ordre dans cette pagaille???????? martine le pen au martine aubry??????





