Fitch n'est pas convaincu de la solidité du groupe Fiat. Certes, le groupe italien a réalisé un grand coup en prenant pour trois fois rien le contrôle de Chrysler, mais l'agence de notation ne croit pas à des synergies concrètes à court terme. Elle juge plutôt que les risques encourus à court terme sont très importants dans la perspective d'une dégradation de leur marché réciproque. Fiat pourrait, de surcroît, se retrouver solidaire d'un groupe en moins bonne santé que lui.

Par ailleurs, Fitch rappelle les difficultés structurelles du constructeur italien en fort repli en Europe, et peu présent dans les pays émergents. Seul le Brésil constitue un foyer de croissance intéressant puisque l'italien est leader dans le pays avec 25% de parts de marché. Or le marché brésilien est en phase de ralentissement. Fiat est absent d'Asie, et de Russie.

Fiat en grande difficulté en Europe

Il est vrai que si le rachat de Chrysler est un réel succès pour Sergio Marchionne (le patron du groupe, ci-dessus), celui-ci doit encore démontrer l'intérêt de son intégration au sein d'un grand groupe. Premier signe concret, Fiat commercialise depuis quelques mois le Freemont, qui n'est d'autre que le Chrysler Journey rebadgé. Pour de nombreux analystes, le consommateur pourrait ne pas s'y retrouver en termes d'images de marques, Fiat étant perçu comme un constructeur de petites voitures.

Autre problématique pour Fiat, l'absence de renouvellement de gamme. Certes, la Panda arrive enfin chez les concessionnaires, mais au prix de plusieurs mois de retard. La presse automobile attend également une nouvelle Fiat 500 qui commence à vieillir et à perdre du terrain face à l'offensive de Citroën avec la DS3, et le lancement de nouveaux modèles Mini, dont la Mini Coupé. Alfa Roméo, seule marque parvenue à tirer son épingle du jeu et qui attire la convoitise de Volkswagen, a également annoncé le report de nouveaux modèles.

Enfin, le groupe de Turin doit achever la restructuration de son appareil productif encore très dépendant de l'Italie où les coûts sont très importants pour une productivité médiocre.

Fitch dégrade Fiat un mois après Moody's. Le cours chute de 1,46% vers 15h à la Bourse de Milan dont l'indice principal grimpe de 2%.