«Cette proposition rappelle une initiative prise en 1989 pour permettre aux pays d’Amérique du sud de refinancer leur dette. Ces pays avaient pratiquement tous fait défaut au milieu des années 80. Les créanciers qui détenaient des titres de dette de ces pays pouvaient alors les échanger contre des emprunts à 30 ans garantis par les Etats-Unis» commentait ce matin sur BFM Marc Fiorentino, président d’Euroland Finance.

Dans le cadre de l’initiative de 1989, les créanciers avaient accepté d’abandonner plus de 50% de leurs créances en échange des obligations garanties. La proposition des banques françaises pourrait donner lieu au même schéma. Les créanciers de la Grèce pourraient être amenés à consentir un abandon de 30 à 40% de leur dette en échange d’obligations garanties par l’Union européenne.

De cette manière, le poids de la dette pour la Grèce serait ainsi allégé. «Serait surtout allégé l’ampleur des pertes pour les banques» souligne Marc Fiorentino. Pour ce dernier, le dispositif suggéré par les banques françaises permettrait une fois de plus de protéger en premier lieu les institutions bancaires. «Celles-ci repousseraient le problème ad vitam eternam et éviteraient d’endosser des pertes encourues».

Côté placements, si ce dispositif a priori favorable aux banques est effectivement mis en place, il conforterait les experts qui estiment que les points d'entrées sur les grandes institutions bancaires sont plus qu'intéressants, tant sur le crédit que sur les actions, compte tenu de leur faible niveau de valorisation.