Rafale, ultime duel en Inde face à l'Eurofighter
(Easybourse.com) L'avion de combat français serait retenu avec le Typhoon d'Eurofighter pour remporter un contrat de plus de 7 milliards d'euros. Les Américains semblent avoir été éliminés. Ce match entre Européens aura une portée symbolique.
Le gouvernement indien a retenu le Rafale et le Typhoon pour son appel d'offre géant d'armement militaire de plus de 7 milliards d'euros, d'après des sources gouvernementales citées par la presse indienne. Une bonne nouvelle pour l'avion de combat français, mais qui doit encore affronter l'avion de combat européen d'Eurofighter.Dans ce dossier, l'Inde se retrouve à arbitrer un vieux conflit européen qui date des années 1980. A cette époque, les Européens n'ont pas réussi à s'entendre sur un avion de combat européen sur le modèle d'Airbus. Les Français défendaient le modèle d'un avion multimission, contrairement aux Allemands et aux Britanniques. De cette divergence stratégique sont nés Eurofighter qui construit le Typhoon et le Rafale de Dassault. En l'absence de réelle nationalité, le Typhoon pourrait souffrir de la mobilisation du corps diplomatique français auprès des autorités indiennes.
L'Histoire a montré que la diplomatie est déterminante dans l'issue de ces appels d'offres. Ainsi, Dassault s'offre une petite vengeance face au F-16 américain de Lockheed Martin. Washington ne lésine pourtant pas sur les pressions diplomatiques et financières pour vendre son matériel militaire, et pour éliminer ses concurrents notoires. Ainsi en est-il du gouvernement brésilien qui avait élevé le Rafale au rang de favori, avant de changer d'avis et de remettre à plat l'appel d'offre, à la faveur d'un changement de gouvernement. Pour le gouvernement français, rien n'est encore joué sur ce dossier et le Rafale conserve encore toutes ses chances. Les spécialistes sont beaucoup plus sceptiques. Il reste également les Emirats Arabes Unis où Dassault fonde de grands espoirs. Paris est parvenu à développer des relations diplomatiques privilégiées avec la pétromonarchie, et juge que le contrat est à portée de main.
Nicolas Sarkozy s'était rendu en Inde en décembre dernier afin d'appuyer l'offre française (entre autres). Le gouvernement français sait que l'Inde veut diversifier ses fournisseurs militaires. La Russie était, jusque là, le partenaire privilégié de New Delhi, mais cette fois, il n'a pas été retenu. L'Inde veut renforcer son arsenal militaire convaincu d'être menacé sur ses frontières de l'Ouest par le Pakistan, mais également au Nord-Est par la Chine.
Nabil Bourassi
Publié le 28 Avril 2011







