Safran/Thales: pourquoi Vigneron risque d'y laisser sa peau...
(Easybourse.com) L'échange d'actifs entre Thales et Safran peine à aboutir, et met la patience de l'Etat à rude épreuve. Par son manque d'enthousiasme, le PDG de Thales est très critiqué notamment par l'Elysée, mais également par ses propres troupes...
L’Etat est pressé ! Calendrier électoral, ou affaire qui a trop duré… Peu importe, le gouvernement a décidé d’accélérer les évènements dans la transaction entre Thales et Safran. En nommant un médiateur en la personne d’Aldo Cardoso, un ancien du cabinet de conseil Andersen, le gouvernement a mis les deux groupes d’aéronautique et de défense au pied du mur. Un an après l’échec des discussions, le nouveau round des négociations doit, cette fois, aboutir. Il s’agit de redéfinir les périmètres de ces deux entreprises afin de rationaliser le développement d’activités sensibles et stratégiques.Thales fait-il de l'obstruction?
Il y a un mois, Les Echos, publiait le scénario qui semblait se dessiner au fil des négociations. Safran devrait ainsi se séparer de son optronique (système alliant optique et électronique dans des applications militaires) et de ses drones, deux branches où il est pourtant leader en Europe. Thales, de son côté, apporterait sa navigation inertielle à Safran qui est déjà numéro un en Europe sur cette activité. Il est également question d’un transfert des appareils d’intégration de commandes de vol de petits avions. Enfin, le groupe ajouterait ses activités de biométrie dans le panier. Safran renforcerait alors ses positions dans les équipements aéronautiques et dans la biométrie, deux métiers où il a acquis des positions mondiales, voire de numéro un sur certains métiers. Mais, Thales ne veut pas céder son avionique et l’échange d’actifs parait déséquilibré aux yeux de Safran. «Enlever à Thales son activité avionique revient à le dépecer» reconnaît un analyste sous couvert d’anonymat tout en admettant que la démarche de rationalisation de ces activités paraît logique. Seulement, Thales refuse également de signer un
En réalité, le problème se pose davantage en termes de personnalités. Luc Vigneron, PDG de Thales (ci-contre), traîne des pieds. La perspective d’un échange d’actifs ne l’a jamais réjoui. Il y a un an déjà, des négociations avaient avorté. Depuis, l’Elysée veut sa tête, mais Dassault Aviation, fort de sa participation de 25,9% au capital de l’ex-Thomson CSF, a pesé de tout son poids et de toute son influence pour sauver son poulain. «On peut se demander si cette opération n’est pas un piège pour Vigneron» s’interroge l’analyste. Autrement dit, l’Etat veut pousser M. Vigneron dans ses retranchements, et le contraindre à se soumettre ou à se démettre. L’échange d’actif révèlera au grand jour les divergences stratégiques entre le patron de Thales et l’Etat. En porte-à-faux, Thierry Vigneron aura-t-il encore le choix ?
Une contestation interne
Sa position est d’autant plus intenable, qu’il est très contesté en interne. En 2009, lorsque Dassault Aviation est entré dans le capital de Thales, il a propulsé M. Vigneron à sa tête en remerciant Denis Ranque. Les cadres du groupe n’ont jamais digéré ce remaniement et tiennent tête à l’ex-patron de Nexter (anciennement Giat Industries). Plus tard, Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation, se dira choqué des campagnes de dénigrement interne à l’encontre du nouveau PDG, notamment par une partie des cadres restés fidèles à Denis Ranque. «La greffe ne prend pas» constate l’analyste spécialisé de l’industrie de la défense. «Luc Vigneron a essayé d’imposer une révolution culturelle chez Thales. Le problème c’est qu’il passe davantage de temps à manœuvrer en interne et au niveau politique qu’au niveau opérationnel» ajoute-t-il. «Thales est trop peu tourné vers l’international, comme s’il n’avait pas pris suffisamment conscience des enjeux d’un monde qui a changé et où les pays émergents sont de plus agressifs. Encore une fois, la France lave son linge sale en public, et arrive divisée sur la scène internationale» regrette l’analyste.
Nabil Bourassi
Publié le 08 Juin 2011
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Derniers commentairesAccès aux forums
oui mais le fond est vrai! a dit:
Ce qui est dit est vrai, Denis Ranque c'etait autre chose que le fossoyeur de GIAT. Un salarie Thales Services bientôt TATA ou GFI grace a Luc la main froide
cadrethales a dit:
Quand on est journaliste, la moindre des choses est de faire attention à l'identité des personnes que l'on cite. Appeler M. Vigneron Thierry alors qu'il se prénomme Luc vous fait perdre toute crédibilité.







