Le retour périlleux de General Motors sur les marchés boursiers
(Easybourse.com) Le groupe américain prépare son retour sur les marchés pour novembre. Les analystes s'interrogent sur les risques que comporte l'introduction de cette entreprise à peine remise de sa convalescence et qui peine à se trouver une stratégie commerciale et industrielle.
General Motors est prêt à revenir sur le marché. Après plus d'un an retiré sous la protection de la loi des faillites, et en grande partie nationalisé par le gouvernement américain, l'ex-numéro un mondial de l'automobile veut retrouver sa cotation boursière. L'introduction en bourse est prévue pour novembre sur deux places: New York et Toronto. Le gouvernement américain cèdera 20% de ses actions qui s'élèvent aujourd'hui à près de 61% du capital. Il se pourrait que le contribuable américain ne retrouve jamais la totalité des 50 milliards de dollars que Washington a déboursé pour sauver le groupe de la liquidation.Pour beaucoup d'analystes, l'opération d'introduction en Bourse est trop précoce. De nombreuses questions restent à régler, et surtout le groupe n'est pas à l'abri d'un nouveau retournement du marché. Très exposé sur le marché chinois, celui-ci présente la qualité d'être en forte expansion, mais il est aussi extrêmement concurrentiel. La Chine risque d'être un gouffre d'investissements pour le constructeur américain qui sort à peine de convalescence. Certains analystes n'excluent d'ailleurs pas un ralentissement des ventes automobiles chinoises, voire une chute.
Quatre PDG en un an et demi
Par ailleurs, le groupe américain, qui a longtemps représenté le culte de la grosse cylindrée, a beaucoup de mal à accomplir sa transition vers des modèles plus économes. Certes, le groupe a surpris en présentant la voiture électrique Volt. Mais les analystes s'interrogent beaucoup sur la crédibilité des ambitions de General Motors sur ce créneau. Et pour cause, la stratégie du groupe automobile, maison-mère de Cadillac et Chevrolet, est peu lisible en raison de l'instabilité de sa direction. En un an et demi, près de 4 PDG se sont succédés au Renaissance Center, le siège de la firme à Détroit. Les investisseurs sont d'autant moins convaincus que le nouveau patron qui doit prendre ses fonctions le 1er septembre, est considéré comme un novice du secteur automobile.
Enfin, le dernier dossier périlleux pour le groupe reste sa filiale européenne Opel. Le constructeur affiche toujours des pertes (160 millions au deuxième trimestre, contre plus d'un milliard de dollars de bénéfices pour la maison-mère). Ses ventes continuent de baisser tandis que sa part de marché est passée de 10 à 6,6% en une dizaine d'années. A la direction du groupe, on reconnait que la marque n'est pas à l'abri d'une faillite alors que GM a remis plusieurs milliards de dollars au pot l'année dernière. General Motors avait finalement renoncé à céder cette marque estimant qu'il était parvenu à redresser ses finances. La firme de Détroit n'avait pas eu les mêmes scrupules avec Hummer, Saturn ou Pontiac qu'il a purement et simplement fermé. Saab a échappé de peu à la disparition, revendu au Néerlandais Skyper.
NB
Publié le 20 Août 2010





