Renault n'a plus le droit à l'erreur en Inde
(Easybourse.com) Le constructeur français relance une offensive en Inde après l'échec de la Logan. Renault espère frapper juste avec des modèles moyens-de-gamme et réaliser des volumes qui permettront de grossir rapidement.
Renault est de retour en Inde. Le constructeur automobile français a annoncé hier le premier volet de son offensive commerciale dans le pays-continent de plus d’un milliard d’habitant.La marque au losange lance aujourd’hui Fluence (ci-dessous, mais dans sa version électrique réservée au marché européen) qui sera fabriquée sur place à l’usine de Chennai. Le SUV Koleos suivra en octobre. «Le lancement de Fluence en Inde marque le début d’une offensive produit de grande ampleur sur un marché qui est un des piliers du développement de Renault à l’international dans le cadre de son plan Renault 2016 Drive The Change» explique Marc Nassif, directeur général de Renault Inde.
Avec la Russie et le Brésil, Renault réaffirme donc sa volonté de conquérir des marchés émergents à forte croissance. C’est le moins qu’il pouvait faire après avoir ignoré le marché chinois qui a pris une longueur d’avance dans son cycle d’évolution. Une aubaine puisque des observateurs estiment que ce marché est proche de la maturité, et si ce n’est pas encore le cas, les autorités de Pékin commencent déjà à poser des freins…
Rien de cela en Inde qui devrait seulement atteindre les 3,7 millions d’immatriculations cette année, contre près de 18 millions de l’autre côté de l’Himalaya. Renault estime que le marché indien pourrait atteindre les 6 millions d’unité en 2020.
5% de part de marché en 5 ans
Pourtant l’engagement de Renault en Inde ne date pas d’aujourd’hui. Le Français a crû pouvoir rééditer le succès de la Logan en Occident en 2007… Que nenni ! Même en Inde, la Logan était trop cher pour le consommateur modeste qui préfère les deux roues, et pas assez séduisante pour des classes à la recherche de distinction sociale.
Bref, en lançant la Fluence, Renault vise un marché moyen-de-gamme. Le groupe espère beaucoup, et n'hésite pas à évoquer 5% de part de marché en 2016. Certes, le marché indien est en forte croissance, mais il est déjà encombré par de nombreux acteurs étrangers parmi les plus redoutables. Volkswagen est en embuscade puisqu’il détient 20% de Suzuki qui détient une joint-venture avec Maruti. Cette coentreprise est déjà numéro un en Inde. Autre concurrent sérieux, Peugeot-Citroën qui a annoncé récemment son projet d’implantation en Inde. Le constructeur français n’a toutefois pas encore défini le périmètre de son projet d’implantation.
Renault estime que son objectif est à portée de main. Il rappelle qu’il a atteint les 4% de parts de marché relativement rapidement au Brésil. Une vraie gageure pour le groupe dirigé par Carlos Ghosn qui part de rien. La marque jouit d’une notoriété égale à zéro et d’un réseau minuscule. L’Inde est pourtant un passage obligé pour Renault qui souffre d’une internationalisation insuffisante. Le plus gros défi pour Renault est surtout de grossir car avec ses 2,6 millions d’immatriculations annuelles, il reste un petit parmi les petits.
Seule son alliance avec Nissan lui permet de compter parmi les grands. Mais son alliance parait de plus en plus précaire et Carlos Ghosn envisage désormais de revoir la configuration capitalistique croisée actuelle.
Nabil Bourassi
Publié le 24 Mai 2011







