Le déclin de Renault se confirme au premier semestre, PSA résiste bien
(Easybourse.com) Les constructeurs français sont particulièrement touchés par la baisse du marché automobile national en juin. L'importante chute des immatriculations Renault contraste toutefois avec le recul maitrisé des ventes de PSA.
Nouveau coup de frein au mois de juin sur le marché automobile français. Les immatriculations ont baissé de 12,6% avec 210 236 livraisons, en glissement annuel. En données comparables, les voitures neuves ont baissé de 3,9%. Cette mauvaise performance porte le marché à une légère hausse de 1% sur le semestre. Elle est encore plus insignifiante regardée en données comparables, puisque la progression n’est plus que de 0,2%.Les groupes français sont particulièrement touchés par cette baisse puisque leurs immatriculations baissent de près de 18% en juin (-4% sur le semestre). Pour Peugeot-Citroën, la baisse reste relative puisque les ventes ont reculé de 8%. Citroën (-7%) s’en sort mieux que Peugeot (-9%). Depuis le début de l’année, les ventes du groupe ont tout de même progressé de 2,9% (+4,4% pour Citroën).
Renault en mauvaise posture
En revanche, pour Renault, les chiffres relèvent pratiquement de la catastrophe commerciale. Les livraisons du groupe (Renault+Dacia) se sont effondrées de 29% au mois de juin. Sur l’ensemble du semestre, les ventes ont reculé de 12,2%. En termes de part de marché, Renault perd 3 points à 24% tandis que PSA avance de quelques dixièmes de points à 33,41%. La marque au losange accuse un recul moins marqué que sa filiale roumaine low cost. Cette dernière affiche une baisse de 44% sur un mois, contre 26% pour sa maison-mère. Le constructeur français ne parvient pas à surmonter la fin de la prime à la casse en décembre dernier qui avait soutenu les ventes en 2009 et en 2010. Pour la firme de Boulogne-Billancourt, la comparaison est donc handicapante.

Il n’empêche ! Il enregistre les plus mauvaises performances du marché automobile français toutes marques confondues. Même Fiat affiche une baisse moins marquée grâce à sa filiale Alfa Roméo. Le groupe italien accuse une baisse de 23% de ses immatriculations en juin, et de 9% sur le semestre. Seul réconfort pour Carlos Ghosn, le patron de Renault, la marque Fiat qui a baissé de 34% sur un mois, et de 18% sur le semestre.
L’autre grand constructeur généraliste concurrent affiche un recul très léger. Le groupe Volkswagen aura livré 3,5% moins de voitures neuves en juin, mais 14% de plus sur le semestre. Sa part de marché est désormais proche des 12% contre 10,5% au premier semestre 2010. Le groupe allemand voit sa filiale tchèque Skoda, dite d’entrée de gamme, afficher une progression de ses immatriculations depuis le début de l’année (+6%), qui contraste ainsi avec la contre-performance de Dacia. Mais c’est surtout la progression fulgurante d’Audi qui fait le bonheur de ce groupe, grâce à ses marges autour de 9%. La marque aux anneaux progresse de 18% sur le semestre et avec 30 672 immatriculations, il reste loin devant Mercedes et BMW.
Mercedes a livré 23 000 voitures particulières sur le semestre (-1,4%), mais enregistre un joli rebond en juin avec des livraisons en hausse de 25%. BMW se laisse également distancer avec des immatriculations en chute de 14% (4 445 unités) en juin, et en baisse de 4,6% sur le semestre. L’entreprise profite néanmoins du succès de sa filiale Mini dont les ventes continuent de progresser en France (+15% en juin, +25% sur le semestre).
Hyundai-Kia continue à défier Toyota
Pour les marques américaines, la conjoncture est mitigée. Ford affiche un niveau quasi-inchangé depuis le début de l’année. General Motors, en revanche, trébuche en juin avec une baisse de 7% de sa filiale Opel, mais qui parvient à progresser de 16% sur l’ensemble du semestre. Idem pour Chevrolet dont les immatriculations reculent de 12% en juin, mais restent positives depuis le début de l’année (+24%).
Côté japonais, Toyota chute de 14,5% en juin, mais reste positif sur le semestre (+8,5%). Son challenger sud-coréen, Hyundai-Kia affiche une progression de 15% de ses immatriculations ce qui porte à 19% l’augmentation sur le semestre avec 24 379 voitures livrées. Toyota garde une longueur d’avance avec 37 251 voitures particulières. Enfin, Nissan doit constater un ralentissement de ses immatriculations en juin (+9%). Le constructeur japonais, spécialiste des SUV, peut néanmoins se targuer d’une progression de 40% sur l’ensemble du semestre. Filiale à 44% de Renault, Nissan figure dans la colonne actif du bilan de Carlos Ghosn. Espérons pour lui que cet essoufflement n’est que passager…
Nabil Bourassi
Publié le 01 Juillet 2011







