Peugeot nomme un nouveau directeur, cherche le bon allié
(Easybourse.com) Le groupe automobile a annoncé vendredi une réorganisation de son état-major, avec l'arrivée d'un nouveau directeur en charge de la stratégie. Il n'exclut pas de s'allier avec un autre constructeur pour peser davantage sur le marché mondial.
Branle-bas de combat chez PSA. Le groupe, qui a publié jeudi des ventes en baisse de 1,5% sur l’année 2011, veut accélérer sa stratégie d’internationalisation et de montée en gamme.C’est dans cette optique que le constructeur vient de nommer un nouveau directeur de la stratégie. Yves Bonnefont, transfuge du cabinet de conseil aux entreprises McKinsey. Agé de 41 ans, il a débuté sa carrière chez PSA à l'usine de Rennes (Ille-et-Vilaine) puis au centre technique de Vélizy (Yvelines). Il a ensuite assuré la direction du pôle automobile de la société de conseil Arthur Andersen, avant de rejoindre McKinsey dont il dirigeait depuis 2007 la recherche dans le secteur automobile au niveau mondial.
Cette nomination a été bien accueillie par les marchés, puisque l'action PSA gagne 1,8% à 13,78 euros en milieu d’après-midi, surperformant l'indice européen de l'automobile (+0,7%).
Un mariage à l'horizon?
Depuis le début de la semaine, le titre enregistre un net rebond sur fond de rumeurs de rapprochement avec un autre constructeur. Le journal italien Corriere della Serra évoquait la piste d’une alliance avec l’italien Fiat, après les déclarations de Sergio Marchionne, l’administrateur délégué de Fiat, au salon de Détroit. Selon lui, le secteur automobile européen doit se consolider et réduire ses surcapacités s’il veut affronter la concurrence mondiale. Dans ce cadre, M. Marchionne s’était dit intéressé « en principe » par l’arrivée d’un troisième constructeur au sein de l’alliance Fiat-Chrysler.
Pour l'instant, il n'y a pas d'alliance en cours 
Pour l’heure, aucune discussion n’est officiellement engagée entre les deux groupes. Mais PSA prend conscience qu’avec seulement 3,5 millions de véhicules vendus en 2011, il ne fait pas le poids face aux 8 millions écoulés par l’alliance Renault-Nissan et par l’allemand Volkswagen. «Nous n'excluons pas la possibilité d'accélérer l'ensemble de ce que nous sommes en train de faire - montée en gamme et internationalisation des ventes - au travers d'une alliance plus importante, simplement il faut que cette alliance remplisse un certain nombre de conditions», a déclaré jeudi Frédéric Saint-Geours, le directeur des marques du groupe. «Pour l'instant, il n'y a pas d'alliance en cours (...) On est tout à fait ouvert à cette idée, simplement il faut trouver le bon partenaire», a-t-il ajouté.
Les analystes, plutôt sceptiques sur la faisabilité d'une alliance avec Fiat, voient peu de marge de manoeuvre pour PSA en 2012. «Ils ont la bonne stratégie de faire grossir les volumes à l'international et de monter en gamme, mais ça va prendre des années et la pression est sur le court terme», a indiqué à l’agence Reuters Jens Schattner, analyste chez Macquarie.
«Nous craignons que Peugeot ait du mal à faire face à une nette détérioration soudaine de la demande automobile en Europe», a pour sa part commenté UBS, qui a abaissé vendredi son objectif de cours sur le titre à 13 euros, contre 18 euros auparavant (opinion "Neutre" inchangée).
François Schott
Publié le 13 Janvier 2012







