Renault a publié vendredi ses résultats commerciaux pour 2012. Sans surprise, le constructeur français accuse une baisse de ses ventes mondiales qui se sont repliées de 6,3% à 2,5 millions de véhicules (voitures particulières + utilitaires commercialisées sous les marques Renault, Dacia et Samsung Motors). Cette baisse est due à l’effondrement des ventes du groupe en Europe (-18% à 1,27 million). « En Europe, dans un marché en crise, nous n'avons clairement pas pu consolider nos positions dans un contexte de surcapacité automobile entraînant une forte agressivité commerciale », a expliqué Jérôme Stoll, directeur commercial de Renault. La marque Renault a rétrogradé l'an dernier de la deuxième à la troisième place, derrière Volkswagen et Ford et la part de marché du groupe sur le Vieux Continent ressort à 9,1%, contre 10,1% en 2011.

Un rebond attendu en 2013

Hors d’Europe en revanche, les ventes ont progressé de 9% grâce notamment au dynamisme des marchés brésilien et russe. Pour la première fois de son histoire, le groupe a réalisé plus de la moitié de ses ventes sur les marchés émergents, ce qui l’incite à l’optimisme pour 2013. Il compte ainsi « amplifier son développement international » et vise « une croissance des volumes et des parts de marché » sur l'ensemble de ses marchés « y compris l'Europe ». En 2013, le marché mondial devrait connaître une croissance de 3% par rapport à 2012, ajoute-t-il, tandis que le marché européen est attendu en baisse d’au moins 3%.

Nissan au secours des usines françaises ? 

Dans ce contexte, l'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15,01% du capital, pousse Nissan, autre actionnaire de poids du constructeur, à le soutenir en lui confiant des modèles à produire dans ses usines de l'Hexagone. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a assuré vendredi avoir obtenu qu'il accède à cette demande, lors d'un entretien téléphonique la veille avec le PDG des deux groupes, Carlos Ghosn. « Je lui ai dit: je souhaite (...), comme vous êtes aussi le dirigeant de Nissan et que Renault contrôle Nissan, que Nissan se porte au secours des usines françaises et mette du travail sur les chaînes françaises », a déclaré M. Montebourg sur BFMTV/RMC. « La réponse est positive », a-t-il ajouté.

Mais un son de cloche différent chez Renault est venu tempérer cette affirmation. « Je ne peux pas vous confirmer que Nissan va mettre des véhicules en France ou en Europe dans nos usines », a réagi Jérôme Stoll, soulignant que Renault était « au milieu des négociations » avec les syndicats sur un ‘accord de compétitivité’. Ces négociations doivent déboucher sur un accord au plus tard en février, sans quoi le constructeur menace de transférer une part plus importante encore de sa production à l’étranger.

Vers 16h00, le titre Renault gagne 3,7% à la Bourse de Paris sur un marché en hausse de 0,3%.