Les groupes de luxe français peuvent sabrer le champagne
(Easybourse.com) A mi-parcours, l'année 2011 s'annonce presque aussi brillante pour le secteur du luxe que l'exercice 2010.
Ce n’est plus la Fashion Week, pourtant les groupes de luxe en mettent plein la vue…aux investisseurs. A commencer par le numéro un mondial, LVMH, qui a dévoilé mardi des résultats semestriels très robustes. Non seulement les ventes du groupe de Bernard Arnault ont progressé de 15% à plus de 10 milliards d’euros (un record sur six mois), mais la rentabilité s’est elle aussi améliorée à 22% (idem).«Cette performance, à laquelle contribuent tous les groupes d’activités, est d’autant plus remarquable qu’elle se compare à un premier semestre 2010 en forte croissance», souligne LVMH dans son communiqué. Tirée par les pays émergents mais également par un rebond des marchés matures (Etats-Unis, Europe, et dans une moindre mesure le Japon), la croissance des ventes concerne tous les produits : montres, bijoux, maroquinerie, cognac ou champagne.
«Aucun signe de ralentissement»
PPR a, lui, enregistré une croissance de 22,6% des ventes de son pôle luxe (Gucci, Yves Saint Laurent, Bottega Veneta…) pour un résultat opérationnel en hausse de près de 40%. Tout comme son concurrent, le groupe multiplie les ouvertures de magasins, en particulier en Chine et dans les pays émergents. Quant à Hermès, il a connu au deuxième trimestre sa plus forte croissance depuis dix ans (+22% à taux de change constants), et a une nouvelle fois relevé ses prévisions de croissance sur l’ensemble de l’année.
Toutefois, Patrick Thomas, gérant du groupe, a précisé lors d'une interview à Reuters que la croissance ralentirait au deuxième semestre, en raison d'un très bas niveau de stocks. «La croissance sera moins élevée au deuxième semestre car nous avons consommé nos stocks en début d'année (...) et nos capacités de fabrication sont limitées» a-t-il précisé. Un problème de riches, alors que la demande, elle, ne semble pas se tarir. «Nous ne percevons aucun signe de ralentissement de nos marchés dans le monde», a indiqué le directeur financier de LVMH, Jean-Jacques Guiony, en guise de perspectives pour le second semestre.
Gare aux effets de change
Pour François Henri-Pinault, le PDG de PPR, la croissance du secteur va se poursuivre au cours des prochains mois. «Il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Nous bénéficions non seulement du boom des marchés émergents mais également d’une reprise forte sur les marchés matures. Même le Japon s’en sort mieux que prévu après la catastrophe du tsunami. Au deuxième trimestre, Gucci y a augmenté ses ventes de 14% !», a-t-il souligné.
Seule incertitude susceptible de freiner la folle croissance du secteur : la volatilité des changes, qui ne semble pas prête de s’arrêter compte tenu des problèmes de dette en Europe et aux Etats-Unis, et des menaces inflationnistes dans les pays émergents. Par ailleurs, les groupes de luxe devront consentir de nouveaux investissements dans leurs capacités de production s’ils veulent éviter la pénurie en fin d’année.
François Schott
Publié le 29 Juillet 2011







