Hermès : un luxe de plus en plus inaccessible
(Easybourse.com) L'action du célèbre sellier a pulvérisé des records ces dernières semaines, en pleine tempête boursière. Le groupe lui-même a dû stopper ses rachats de titres, laissant le champ libre à ? LVMH.
C’est devenu une habitude. Hermès a une nouvelle fois dépassé les attentes des analystes en matière de résultats. Le célèbre sellier a fait état d’une progression de 22% de son chiffre d’affaires au premier semestre et d’un résultat net en hausse de 49,5% à 290 millions d’euros. Les analystes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un bénéfice de 271 millions.La croissance a été dynamique dans toutes les zones géographiques, tirée par les Etats-Unis et la Chine. «Nous n'avons pas encore vu de baisse de la fréquentation dans nos magasins, pas même au Japon», a déclaré Patrick Thomas, gérant d'Hermès, lors d'une conférence de présentation des résultats semestriels. La rentabilité opérationnelle courante atteint 32% des ventes, soit la meilleure performance enregistrée par le groupe depuis son introduction en bourse. Du coup, Hermès table sur une marge «proche du niveau historique atteint en 2010 (27,8%)». Ce qui implique un deuxième semestre légèrement moins brillant.
Stocks au plus bas
«La tendance est toujours très bonne mais elle est inférieure à celle du premier semestre (...), ce n'est pas du tout un problème de baisse de fréquentation dans les magasins», a indiqué Patrick Thomas, le gérant du groupe, mercredi lors d’une conférence téléphonique. Comme la plupart des grands noms du luxe, Hermès peine à suivre la demande d’une clientèle – chinoise, indienne, brésilienne …- toujours plus nombreuse et plus fortunée. Les stocks, au plus bas, font craindre un ralentissement de la croissance. Par ailleurs, Hermès doit faire face au renchérissement des matières premières telles que l’or, les pierres précieuses et le cuir. «Nous avons comme politique d'être le plus modéré possible dans l'augmentation des prix pour l'année prochaine (...), même si nous constatons une hausse très forte de certaines matières premières», a commenté à ce sujet M. Thomas.
Le titre toujours plus haut
Au rang des préoccupations, le gérant cite également le flottant de l’action Hermès, qui est aujourd’hui «infiniment réduit». L’offensive menée par LVMH a porté la participation du numéro un mondial du luxe à 21,4% du capital, au grand dam des actionnaires familiaux d’Hermès qui détiennent environ 73%. Le groupe s’est par ailleurs vu contraint de racheter ses propres actions afin de couvrir son plan d’attribution d'actions gratuites à ses employés. Entre début juin et fin août, Hermès a ainsi racheté pour 242 millions d'euros de ses propres titres, réduisant un peu plus le flottant.
Ces opérations expliquent en grande partie la flambée du titre cet été, en plein marasme boursier. Hermès est en effet l’une des rares valeurs qui a continué à progresser alors que les bourses dévissaient. Depuis le début de l’année, le titre affiche une hausse de 68%, loin devant les autres valeurs du SBF 120. La valorisation est telle que même le groupe ne peut plus s’offrir le luxe de rachats d’actions : ces derniers ont cessé depuis que le cours a dépassé 250 euros, a précisé Patrick Thomas, car c’était le prix maximum autorisé par l’assemblée générale pour ce genre d’opérations. Ce qui n’a pas empêché une nouvelle progression, à 267 euros ce jeudi, «Nous avons bien une petite idée de qui achète», a ajouté M. Thomas. En bourse non plus, les prix du luxe n’auraient-ils pas de limite ?
François Schott
Publié le 01 Septembre 2011







