Schneider Electric chute en Bourse après la délocalisation d'une partie de sa direction
(Easybourse.com) Le groupe d'équipements électriques a confirmé lundi la délocalisation d'une partie de son comité exécutif à Hong Kong, afin de « soutenir sa croissance » en Asie. Les syndicats craignent que les emplois suivent le même mouvement.
L’information avait été révélée par le site Mediapart la semaine dernière. Schneider Electric s’apprête à délocaliser une partie de sa direction en Asie. Le groupe a confirmé ce lundi le déménagement temporaire de deux membres de son comité exécutif du siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) vers Hong Kong afin d'accompagner la croissance du spécialiste des équipements électriques en Asie.Karen Ferguson et Philippe Delorme, respectivement directrice générale Ressources humaines globales et directeur général Stratégie vont s’installer «pour un temps» à Hong Kong afin d'accompagner la constitution d'un pôle managérial en Asie, a précisé à Reuters une porte-parole du groupe. Quant au président du directoire, Jean-Pascal Tricoire, il continuera à partager son temps entre l'Europe, l'Amérique et l'Asie, tandis que sa famille déménage à Hong Kong afin de se rapprocher de lui, a précisé le porte-parole.
21 000 emplois menacés selon la CFDT
Du fait de son activité dans l’équipement électrique basse et moyenne tension, Schneider Electric tire une grande partie de son chiffre d’affaires du développement des infrastructures électriques dans les pays émergents. Ces derniers pourraient représenter jusqu'à 40% de son chiffre d'affaires total en 2011 contre un tiers environ en 2008, estime le groupe. La Chine est aujourd'hui son deuxième marché derrière les États-Unis, au coude à coude avec la France. D’où l’expatriation de ses dirigeants. Sur les 15 membres que compte le comité exécutif du groupe, cinq sont basés en Europe, cinq en Amérique et quatre en Asie. En revanche, toutes les réunions du comité exécutif continueront à se tenir à Rueil-Malmaison, qui reste le siège social du groupe, a précisé le porte-parole.
Les syndicats, eux, craignent que ces mouvements ne s’accompagnent de nouveaux «transferts de production» en Asie. «Il est à noter que concernant la «relocalisation» (produire là ou l’on vend) ce n’est valable que dans un sens (France et Europe vers pays émergents). De fait, force et de constater que quand les marchés sont en France et/ou en Europe (détecteurs de fumées, parafoudre, etc. …) les dirigeants de Schneider Electric n’ont pas décidé de produire là ou sont les marchés !», tempête Jean-Paul Pernin, responsable CFDT. Selon lui, «les emplois directement liés à la production en France (ndlr : 21 000) sont tous menacés».
"Pas matière à polémique"
De son côté, la Caisse des dépôts, actionnaire principal de Schneider Electric avec 4,2% du capital, défend la décision du groupe. «Il n’y a pas de délocalisation […] On ne peut pas vouloir des grands groupes qui rayonnent dans le monde entier et qui vont chercher la croissance là où elle est, et en même temps se plaindre que des personnes qui sont toujours en voyage veuillent préserver leur vie familiale. Dès lors que les centres de décision, l’actionnariat restent contrôlés par notre pays, je ne vois rien qui prête à polémique», a déclaré le directeur général de la Caisse des Dépôts, Augustin de Romanet, dimanche sur i-Télé.
Vers 15h10, le titre Schneider Electric cède 6,4% à la Bourse de Paris, après avoir perdu plus de 5% vendredi. Le CAC 40 se replie dans le même temps de 4%.
François Schott
Publié le 05 Septembre 2011







