Lauvergeon contre Areva : le bras de fer s'engage
(Easybourse.com) Deux dossiers judiciaires mettent aux prises le groupe nucléaire Areva et son ancienne patronne Anne Lauvergeon. L'un concerne l'affaire du rachat de la société canadienne Uramin, l'autre le versement les indemnités de départ de 1,5 million d'euros d'Atomic Ann.
Le bras de fer judiciaire entre Anne Lauvergeon et Areva vient de connaître son premier épisode avec la venue de l'ancienne patronne du groupe nucléaire devant le Tribunal de grande instance de Paris. Cette dernière a demandé au tribunal d'examiner en référé sa demande d'expertise du rapport Apic lequel avait conclu en 2010 que l'acquisition de la société minière canadienne Uramin était "une opération très douteuse".Plus précisément, Anne Lauvergeon a demandé qu'un expert se penche sur les conditions dans lesquelles la demande d'enquête sur le rachat d'Uramin a été réalisée, manière pour elle de revenir sur la thèse du complot qu'elle soutient depuis le début de l'affaire. Pour les avocats de la plaignante, ce rapport aurait en effet provoqué "un tort considérable en termes d'image et de réputation". Et d'ajouter qu'en "obtenant des éclaircissements sur le circuit Apic, on aura une meilleure compréhension du circuit anti-Lauvergeon" estiment-ils.
Pour Anne Lauvergeon, "le rapport Apic joue, semble-t-il, un rôle central puisque c'est la pseudo-justification de l'utilisation de moyens illégaux".
Pour mémoire, ce rachat avait coûté à Areva la bagatelle de 1,7 milliard d'euros, obligeant ensuite le groupe à inscrire dans ses comptes en 2010 et 2011 des provisions d'un montant total de près de 1,9 milliard d'euros pour tenir compte de la dévalorisation de ses actifs. Mais côté Areva, la défense estime au contraire que le rapport d'Apic ne met pas en cause Anne Lauvergeon et qu'il n'y a dès lors pas lieu d'exiger une contre-expertise.
Enfin, les juges du Tribunal de Commerce de Paris devront s'atteler à l'examen d'une autre plainte déposée par Anne Lauvergeon concernant cette fois le versement de son indemnité de départ à hauteur de 1,5 millions d'euros.
Selon l'ancienne patronne d'Areva, "mes indemnités de départ n'ont toujours pas été payées huit mois après mon départ, mais je dois dire que la mise en cause de ma compétence et de mon intégrité sont des choses encore plus importantes".
A Paris vers 15h30, le titre Areva prenait 1,21% à 19,690 euros.
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Publié le 08 Février 2012







