Société Générale, des résultats meilleurs qu'attendu, mais des perspectives prudentes
(Easybourse.com) Pour la seconde banque française par la capitalisation boursière, après BNP Paribas, si les résultats du premier semestre se révèlent meilleurs qu'attendu, pour autant la prudence est de mise s'agissant des perspectives.
Retrouvez ici l'interview vidéo du PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa:«Le rebond du groupe est confirmé» déclare le président directeur général du groupe, Frédéric Oudéa. «Cela est dû à la qualité de nos métiers, notamment de la banque de détail et à une très bonne gestion de la banque de financement et d'investissement dans un environnement qui s'est avéré très volatil».
Les analystes interrogés par Reuters s'attendaient à ce que Société Générale publie un résultat net trimestriel de 732 millions d'euros. Mais la banque fait beaucoup mieux. Au deuxième trimestre, le résultat net atteint 1,084 milliard d'euros. Il est du coup multiplié par 3,5 en glissement annuel.
Société Générale affiche une baisse du coût du risque de 6%. Il est passé à 1,01 milliard d'euros au deuxième trimestre, là où le consensus attendait 1,183 milliard d'euros. «Dans un environnement économique où la reprise économique se confirme progressivement, nous avions anticipé une amélioration de ce coût du risque. Nous sommes cependant encore avec un coût du risque supérieur à la moyenne du cycle. Ce coût du risque est pour le premier semestre de 87 points de base alors qu'il est de 55 points de base en rythme de croisière».
Le produit net bancaire atteint 6,679 milliards d'euros au deuxième trimestre, en augmentation 16,8% et dépasse les attentes. Le consensus de Reuters tablait à 6,15 milliards.
L'estimation annuelle de l'impact global du portefeuille des actifs toxiques devrait ressortir dans le bas de la fourchette annuelle envisagée comprise entre -700 millions et -1 milliard d'euros. Au deuxième trimestre, ces actifs toxiques ont eu pour la première fois depuis le début de la crise une contribution positive aux revenus de la banque de financement et d'investissement.
Le président directeur général se montre prudent sur les perspectives. «La reprise économique qui a débuté fin 2009 se confirme, mais elle demeure fragile», souligne Frédéric Oudéa.
«En Europe en particulier, les perspectives de croissance restent modérées», ajoute-t-il.
Le groupe a promis mi-juin de doubler les bénéfices de la Société générale en deux ans et vise un résultat net de 6 milliards d'euros en 2012, contre un objectif de 3 milliards cette année.
Malgré ces bonnes nouvelles, Oddo a réitéré sa recommandation Alléger et son objectif de cours de 39 euros sur le titre.
Parmi les points faibles de la valeur est citée notamment une image ternie par l'affaire Kerviel, les stock-options qui devaient être initialement attribuées à ses dirigeants en pleine crise et les pertes divulguées en gestion d'actifs. Par ailleurs, la banque pâtit de sa présence en Europe Centrale et Orientale ainsi qu'en Russie, où elle affiche un recul d'activité significatif. Cette zone connaît une dégradation du risque.
Le taux de rentabilité des fonds propres (ROE) est très bas à 0,9%, même si la banque maintient un objectif de 15% à long terme.
L'exposition des banques françaises à la Grèce pèse lourdement sur les valeurs. L'incertitude sur les conséquences de la future régulation financière plus exigeante en fonds propres est également pénalisante. D'une manière générale, la valeur est toujours très volatile, comme l'ensemble du secteur bancaire.
Imen Hazgui (avec agence)
Publié le 04 Août 2010







