Trop c'est trop : Bruxelles veut davantage réglementer les bonus des banquiers
(Easybourse.com) C'est du moins ce qu'a laissé entendre le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des ministres européens des Finances à Bruxelles.
Pour ce dernier, la crise n’est pas encore terminée et pourtant certains bonus sont mirobolants. « On a la mémoire courte », estime M Barnier.Les établissements particulièrement concernés sont particulièrement les banques britanniques, qui a l’instar de leurs homologues américaines n’ont pas hésité à versé des bonus très importants.
La banque britannique Barclays a versé 644 millions d'euros en salaires et primes à ses 231 meilleurs éléments au titre de 2010, soit 2,8 millions d'euros par employé. Le responsable de l'établissement, Bob Diamond, a touché à lui seul 7,8 millions d'euros (bonus et salaire fixe), auxquels se sont ajoutés 16 millions d'euros au titre des performances réalisées lors des exercices précédents. Selon le Financial Times,J erry del Missier et Rich Ricci, les deux co-dirigeants de Barclays Capital ont touché 11,6 millions d'euros en salaire et bonus, et 35 millions d'euros en actions, ainsi que 3,8 millions d'intéressements.
La banque britannique RBS, détenue à plus de 80% par l’Etat depuis la crise financière, a attribué à son patron Stephen Hester un bonus sous condition valant plus de 5 millions d’euros sous forme d’options sur titres (stock-options), qui pourront être exercées sur plusieurs années. Ce bonus supplémentaire s’est ajouté à une prime annuelle de 2,4 millions d’euros déjà accordée au titre de l’exercice 2010, et à un salaire de 1,4 million d’euros.
Parallèlement, peu après la publication de ses résultats, la Société Générale a annoncé que son enveloppe de bonus au titre de l'exercice 2010 devrait rester stable, à 250 millions d'euros. BNP Paribas a quant à elle indiqué que l'enveloppe des bonus de cette année serait moindre que celle de 2009.
Michel Barnier, rejoint ainsi la remarque récemment faite par Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI qui estimait que certains montants annoncés étaient tout bonnement scandaleux.
Michel Barnier prône ainsi davantage de rigueur. « Un encadrement plus strict est nécessaire ».
Cependant, pour le commissaire, cette entreprise méritera au préalable une réflexion approfondie, en particulier pour des raisons de désavantages compétitifs.
Des règles existent déjà en Europe pour limiter le montant des bonus versés. Ces règles sont plus strictes que celles en vigueur ailleurs dans le monde, notamment aux Etats-Unis et en Asie.
De ce fait, il faudra veiller à ne pas aller trop vite en besogne pour ne pas porter préjudice aux banques européennes en faisant fuir les talents vers des territoires plus prometteurs.
Imen Hazgui
Publié le 15 Mars 2011
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revolt a dit:
Croyez-vous vraiment que çà mérite un commentaire. Gardons notre énergie et notre capacité à nous révolter pour vraiment tout changer et opposons leur notre mépris.







