Les fonds de pension américains, des investisseurs en puissance dans les hedge funds
(Easybourse.com) Il est intéressant de constater que depuis la crise, les investisseurs les plus importants dans les hedge funds, ceux qui dominent très largement les flux dans cette industrie, sont les fonds de pensions publics ou privés américains. Comment expliquer la différence de comportement avec les caisses de retraite en Europe qui boudent ces acteurs de gestion alternative ? Par plusieurs élémentsn répond Nicolas Campiche, gérant de fonds de fonds alternatifs au sein de Pictet.
Plus de 90% des appels d’offre qui sont faites auprès des hedge funds proviennent d’institutionnels américains. On pourra mentionner, le fonds de pension des pompiers et des policiers de Los Angeles, le fonds de pension de l’Etat de la Louisiane, le fonds de retraite de l’Etat du Maryland, le fonds de pension de l’Etat de New York…Cet engouement est lié, selon l’expert de Pictet, à différents facteurs. Tout d’abord, aux Etats-Unis, autorités politiques et investisseurs, ont rapidement tranché sur l’absence de responsabilité des hedge funds dans la crise. «S’il est admis que certains hedge funds ont éventuellement été amplificateurs de la crise, pour autant il est acquis qu’ils ne l’ont pas déclenchée. La crise a trouvé davantage son origine dans les banques d’investissement».
Ensuite, les institutions américaines ont probablement été plus intelligentes dans leur manière d’investir dans les hedge funds en ayant pratiquement jamais recours à des instruments à effet de levier contrairement à ce qui s’est passé en Europe.
Elles ont, qui plus est, été plus prudentes dans la gestion de la liquidité. «On observe dans l’industrie des fonds de fonds américaine que la plupart des produits ont une liquidité annuelle qui correspond beaucoup mieux à la liquidité des sous-jacents. En Europe, se sont multipliés des produits à liquidité hebdomadaire qui ne reflètent pas du tout la liquidité des sous-jacents».
Enfin, l’environnement réglementaire américain reste favorable à l’industrie alternative. «On peut même aller jusqu’à dire que cet environnement réglementaire avantage l’industrie alternative. Une des conséquences de la crise a été la séparation des différentes activités bancaires et en conséquence la sortie des activités pour compte propre des banques d’investissement. Or ces activités pour compte propre s’inscrivaient directement en concurrence des activités des hedge funds. De telle sorte que la disparition de ces activités a été un élément favorable pour les hedge funds qui se sont retrouvés avec un concurrent en moins».
Imen Hazgui
Publié le 01 Juillet 2011
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