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BNP Paribas : "Nous participerons au plan de soutien à la Grèce à hauteur de 2,9 Mds d'euros" déclare Baudouin Prot

(Easybourse.com) Ce matin, le groupe BNP Paribas organisait une conférence dans le but de rendre compte de ses résultats semestriels. L'occasion pour Baudouin Prot de revenir sur les grandes lignes de la participation de la banque au plan de soutien de la Grèce.

Quelle sera la participation de BNP Paribas au plan de soutien à la Grèce?
BNP Paribas apportera à ce plan, qui témoigne du sérieux des dirigeants européens et de leur attachement irréductible à l’euro, l’ensemble de ses titres éligibles à l’échange. Ces titres qui ont une maturité allant de juillet 2011 à décembre 2020 représentent 2,3 milliards d’euros (sur un total d’exposition de 4 milliards d’euros à fin juin).
Compte tenu de l’illiquidité du marché, nous avons décidé de valoriser ces titres en mark to model en utilisant un taux de long terme de 9%. Ceci nous a conduit à procéder à une dépréciation de ces titres à hauteur de 21% et nous a amené à constituer une provision de 517 millions d’euros. A cela nous avons ajouté une provision de 17 millions d’euros eu égard à la participation de notre société d’assurance. Ce qui fait un total de 534 millions d’euros.
Les titres non éligibles au plan, qui s’élèvent à environ 1,7 milliards d’euros, n’ont pas été dépréciés.

Le coût du risque et le ratio de solvabilité ont été fortement impacté par cette provision ?
Le coût du risque est en augmentation de 25% par rapport au deuxième trimestre 2010. Il s’élève au total à 1650 millions d’euros. Si l’on ne tient pas compte de cette provision le montant du coût du risque est de 1116 millions d’euros.
Après passage de cette provision sur la Grèce, nous atteignons ce trimestre un ratio de solvabilité Tier 1 de 9,6% contre 8,4% à la fin du mois de juin 2010. Alors que les nouvelles règles de Bâle III n’auront cessé de durcir les exigences de capital réglementaire, c’est notre seule capacité bénéficiaire qui nous aura permis en réinvestissant les deux tiers de nos résultats de nous adapter tout en continuant à bien répondre aux besoins de nos clients.
La progression de nos encours de crédit est supérieure à 4% dans chacun de nos principaux marchés européens, la France, la Belgique et l’Italie. Cette progression est bien plus importante dans d’autres pays comme la Turquie où le taux de croissance s’établit à 22%.

Ce montant de provision est-il définitif ?
Le plan de soutien à la Grèce est censé être un plan exceptionnel. Les chefs d’Etat ont été clairs à ce sujet à l’issue du sommet du 21 juillet. Il n’est pas question d’appliquer un traitement comparable à celui prévu pour la Grèce à aucun autre pays de la zone euro. Ces pays respecteront intégralement leurs échéances de dette souveraines.
Nous ne connaissons pas du tout quelle sera l’issue dans les mois qui viennent pour la Grèce. Nous pouvons penser qu’avec ce plan de soutien, si la Grèce met en exécution, dans les années qui viennent, les mesures de redressement budgétaire et fiscal envisagés, elle ne devrait pas rencontrer d’autres difficultés.
Ceci étant, il est d’ores et déjà acquis qu’il n’est pas concevable pour les banques de revenir sur le sujet ultérieurement.

Le plan européen comporte quatre possibilités pour les créanciers privés d'apporter leur participation au plan de sauvetage pour la Grèce. Vers quelle option va votre préférence ?
A priori l’option qui nous plait est l’option n°1, autrement dit un échange des titres dans l’immédiat au pair [au montant du nominal].
C’est l’option que nous avions proposé au départ. Pour le moment seuls les grands principes ont été retenus. Nous tacherons de regarder dans le détail les autres options. Nous pourrions le cas échéant après analyse approfondie modifier notre choix.

Deux chiffres ont été récemment évoqués par la Fédération des banques françaises, 3 milliards d’euros et 15 milliards d’euros. Le chiffre de 15 milliards correspond au montant total de la participation des banques et compagnies d’assurances françaises au plan de soutien à la Grèce. Le chiffre de 3 milliards équivaut aux pertes liées à l’exposition de ces banques et compagnies d’assurances françaises à la dette grecque. Quel regard portez-vous sur ces estimations ?
Notre part dans les 15 milliards, c’est 2,3 milliards d’euros et notre part dans les 3 milliards d’euros c’est 534 milliards d’euros.
Il faut attendre que tous les acteurs dévoilent leurs chiffres et faire la somme de ces chiffres pour vérifier ce qu’il en est. Je pense, néanmoins, que nous ne serons pas loin de ces 15 et 3 milliards d’euros.

Vous avez évoquez le durcissement des règles de Bâle III. Comment avez-vous accueilli l’annonce de l’exigence de 1 à 2,5% de fonds propres supplémentaire pour les établissements présentant une importance systémique globale ?
Nous pensons que des exigences aussi élevées de capital pour les banques de grande taille sont fondamentalement injustifiées. La crise a montré que la diversification du groupe BNP Paribas, trimestre après trimestre, est un facteur qui a soutenu nos résultats. Ce trimestre encore nous affichons une capacité bénéficiaire conséquente.
La gestion de nos risques est, par ailleurs, tout à fait rigoureuse.
Nous ne voyons pas pourquoi les banques de dimension importante seraient les seules pénalisées en matière de fonds propres. D’autant plus, que cette pénalisation aura vocation à affecter le financement de l’économie (financement des PME et des Etats en premier lieu), à un moment où l’économie européenne a énormément besoin de soutien.

Le niveau de cette exigence de capital nous parait excessif. Le concept même de dire que plus on est grand et plus on a besoin de capital est assez antinomique parce que plus on est grand plus on est diversifié. Enfin, le timing dans lequel cette exigence doit trouver à s’appliquer est inapproprié.

Je rappellerai que le niveau de fonds propres exigé était de 2% avant la crise. Nous sommes passés à 9,5%. Je ne connais aucune autre industrie au monde dans laquelle les coefficients réglementaires ont été durcis dans cette proportion.

Ceci étant dit, chez BNP Paribas, nous sommes très légitimistes. Si l’on exige de notre part un certain niveau de capital nous porterons notre capital à ce niveau requis sans difficultés et sans lever aucun fonds propres sur le marché. Notre capacité de génération des résultats nous suffira.

L’ensemble de ces propos ont été recueillis dans le cadre de la conférence.

A lire également l'article : SG : "Notre participation au plan de soutien à la Grèce s'élève à 1,85 milliard d'euros", déclare Frédéric Oudéa



Imen Hazgui

Publié le 02 Août 2011

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