Les bancaires, lanternes rouges du CAC 40 malgré l'interdiction des ventes à découvert
(Easybourse.com) L'interdiction des ventes à découvert n'aura pas empêché les bancaires de continuer à baisser. Vers 16h, BNP Paribas et Société Générale signent les plus fortes corrections sur l'indice phare de la place parisienne avec respectivement -1,87% et -1,27%. Pourtant le Cac 40 affiche une nette progression de 1,15%.
Vendredi 12 août, l’Autorité des marchés financiers annonçait une interdiction des ventes à découvert sur onze valeurs financières pendant 15 jours pour remettre un peu de rationalité dans le système et limiter les mouvements erratiques.Nous indiquions que cette mesure n’avait pas vocation à être une solution miracle, et qu’en cela elle n’empêcherait pas les valeurs bancaires de baisser pour autant.
Ce constat est vérifié aujourd’hui. Les valeurs bancaires sont à la traîne, BNP Paribas et Société Générale en particulier.
Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’issue du sommet franco-allemand de lundi est ressortie décevante pour les opérateurs.
Ensuite une des propositions avancées par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel concerne une taxation sur les transactions financières. Même si la mise en œuvre d’une telle taxe n’est pas sans soulever d’importante questions- notamment eu égard à son acceptation dans l’ensemble des grandes places financières européennes et en premier lieu à la City de Londres- pour autant son évocation a eu pour effet de renforcer les craintes des investisseurs sur les valeurs bancaires.
Par ailleurs, les tensions sur le marché interbancaire ne s’apaisent pas. La détente n’est que très légère, observe Thierry Sarles, responsable de la gestion de taux chez CPR Asset Management interrogé sur BFM Business. «Si l’on compare le swap 3 mois contre eonia avec une référence BCE et le taux libor 3 mois interbancaire, on remarque que l’écart qui atteignait 70 bp en début de semaine (un doublement en deux mois) et est de 65 bp ce mercredi matin. Au moment de la déroute de Lehman, l’écart avait atteint 200 bp».
Par ailleurs sur le marché du repo, où les banques empruntent avec un collatéral, le prix de la liquidité empruntée est en légère hausse. «C’est un signe de tension. Il n’y a rien d’extrême mais c’est symptomatique d’un stress entre les banques» précise Thierry Sarles.
Enfin et surtout, Morgan Stanley a révisé ce mercredi son objectif de cours sur les bancaires françaises à la lumière de la situation économique actuelle.
Le broker reste ainsi à "surpondérer" sur BNP Paribas, sur Société Générale et sur Natixis mais réduit son objectif de 58,80 à 49,70 euros pour la première, de 51,60 euros à 35,50 euros pour la deuxième et de 3,90 euros à 3,29 euros pour la troisième.
L'opinion de Morgan Stanley reste à "pondération en ligne" sur Crédit Agricole avec un objectif ramené de 13,30 à 9,80 euros.
Imen Hazgui
Publié le 17 Août 2011







