Crédit Agricole se dit bien armée pour faire face au risque de liquidité
(Easybourse.com) Depuis plusieurs semaines, la liquidité est un point crucial observé, examiné et attendu sur le secteur bancaire. Un long développement à ce sujet a été fait en conséquence par les dirigeants de Crédit Agricole lors de la présentation des résultats semestriels du groupe ce matin.
Les tensions s'accentuent lourdement sur le marché des CDS bancaires. Les indicateurs CDS Itraxx sur les financières seniors et les lignes subordonnées ont tous deux cassé leurs niveaux les plus hauts à 250 points de base pour les premières et 430 points de base pour les secondes. Les fonds monétaires américains ont totalement fermé leur robinet aux banques européennes.La semaine dernière, pour la première fois depuis six mois, une banque a réclamé 500 milliards à la BCE à plus de 1% pour une période 7 jours, un prix relativement élevé, afin de se prémunir contre un risque de manque de liquidité.
Ces signes de stress ne semblent pas inquiéter outre mesure les dirigeants de Crédit Agricole.
«Je pense que nous assisterons à l’avenir à une détente de ces CDS sur les bonnes signatures. Les conditions de liquidité vont commencer à se desserrer» assure Michel Mathieu, directeur général délégué de Crédit Agricole. Ce dernier prend pour signaux encourageants, une collecte des réseaux du groupe de 3 milliards d’euros dans le courant du mois de juillet et la toute dernière émission de la banque ING.
«ING a procédé hier à une émission de 1,7 milliard d’euros à 10 ans souscrite en totalité par 90 investisseurs» constate Michel Mathieu.
Le cas échéant, même si le marché ne rouvrait pas, il n’y aurait pas de quoi paniquer.
«Dans ce contexte chahuté le groupe Crédit Agricole affiche une bonne situation en matière de liquidité liée à plusieurs facteurs» annonce Jean-Paul Chifflet, directeur général de la banque.
Parmi ces facteurs, nous trouvons la bonne notation du groupe par les agences de notation, un ratio core Tier 1 robuste, la bonne avancée du programme annuel de refinancement, et des moyens efficaces de répondre rapidement à tout besoin de refinancement à court terme.
Un ratio de fonds propres robuste
Le ratio core Tier 1 de Crédit Agricole ressort 8,9%, en hausse de 50 points de base sur le semestre. «Notre ratio figure parmi les ratios les plus élevés au sein des banques européennes» commente Michel Mathieu.
Interrogé sur les exigences supplémentaires que certains régulateurs voudraient faire imposer aux grandes banques, Jean-Paul Chifflet répond calmement «les pouvoirs publics et les régulateurs ne parlent pas de fonds propres mais de ratios d’équilibre crédits sur fonds propres. L’augmentation du ratio peut signifier deux choses, plus de fonds propres ou moins de crédits. Si l’on pousse le bouchon trop loin, nous n’aurons pas d’autre choix que d’agir sur l’octroie de crédits».
Un programme de refinancement sur le long terme exécuté à hauteur de 86%
Le programme annuel de refinancement de Crédit Agricole s’élève à 27 milliards d’euros. Il se décompose en deux parties, 22 milliards d’euros devant être collectés sur les marchés et 5 milliards devant être fournis par les réseaux.
Au total, 23,3 milliards ont été collectés. «Le taux de réalisation du programme est de 86%. Nous sommes à un taux d’avance de 90% sur notre objectif de refinancement sur les marchés et à un taux d’avance de 71% sur notre objectif de refinancement par nos réseaux. Ce dernier taux, qui peut paraitre faible, n’est pas dû à un retard ou à des difficultés. Nous avons simplement un calendrier précis des levées auprès de nos réseaux. Nous n’avons aucun doute sur notre capacité à lever les 5 milliards d’euros» précise Michel Mathieu, directeur général délégué de Crédit Agricole SA.
Des outils solides pour répondre à tout besoin de refinancement à court terme
Sur le refinancement de court terme, le groupe se veut également serein.
«Nous déposons actuellement à peu près tous les soirs entre 15 et 20 milliards de dollars auprès de la Fed» indique pour rassurer Michel Mathieu.
Ce dernier complète « le dollar ne pèse que 33% de nos besoins à court terme, soit moins que dans d’autres groupes».
En cas de tensions plus importantes sur le marché interbancaire, la banque entend compter sur un modèle de refinancement diversifié, 50 trésoreries dont 25 dans le monde et un accès au dollar diversifié en particulier en Asie et au Moyen Orient.
L’établissement pourra, par ailleurs, miser sur ses dépôts. «Nous sommes la première banque de dépot en France» déclare fièrement Jean-Paul Chifflet.
La banque pourra enfin s’appuyer sur sa capacité à lever en l’espace de quelques jours 120 milliards d’euros de titres éligibles auprès des banques centrales, dont un peu plus de 80 milliards mobilisables presque instantanément.
Imen Hazgui
Publié le 25 Août 2011







