Bank of America Merrill Lynch : quatre risques majeurs pour la zone euro en 2012
(Easybourse.com) Les experts de Bank of America Merrill Lynch identifient quatre risques majeurs pour la zone euro en 2012.
Le premier risque est un risque bancaire. Le risque de liquidité a été maitrisé par la Banque centrale européenne par le biais des opérations de refinancement à long terme. «A la suite de la première opération de la BCE, les banques ont pu emprunter 500 milliards d’euros. Nous tablons sur le même montant de prêt à l’issue de la seconde opération du 29 février. Or on estime le besoin de financement des banques à 800 milliards d’euros» remarque Laurence Boone, économiste en chef de la région Europe au sein de BofA Merrill Lynch.Pour autant le risque de capital demeure. Les banques européennes ont jusqu’au 30 juin pour respecter un ratio de solvabilité tier 1 de 9%. «Nous devons nous attendre à ce que de multiples banques cherchent à lever des capitaux, [à l’instar de Unicredit]. Cela risque de créer des tensions sur les marchés».
Le deuxième risque est le risque lié au dossier grec. Le troisième risque est le risque portugais. «Le Portugal est un bon élève mais il doit faire face à un véritable problème de croissance potentielle. Le pays risque de ne pas pouvoir respecter ses objectifs budgétaires.
A priori, un retour du Portugal sur les marchés en 2013 parait difficile à imaginer pour l'économiste compte tenu du niveau des taux actuellement. «Lisbonne devrait vraisemblablement avoir besoin d’un second programme d’aide. Un défaut partiel n’est pas à exclure à terme. Le mécanisme de sauvetage européen qui sera établi cet été fonctionnera effectivement avec des possibilités de restructuration» commente Laurence Boone.
Le quatrième risque est lié à la fois à l’Espagne et à l’Italie. Ces derniers ne rencontrent pas en soi un problème de solvabilité mais peuvent faire face à un problème de liquidité. Et là-dessus, l’Italie se situe dans une situation plus défavorable que l’Espagne.
Effectivement, les taux de rendement des obligations souveraines dissuadent les investisseurs de venir acheter de la dette espagnole et italienne. «Lorsque l’on analyse qui achète la dette espagnole et italienne, on s’aperçoit que ce sont des acteurs espagnols et italiens. Ceci étant, les acteurs espagnols achètent davantage la dette espagnole que les acteurs italiens la dette italienne, ce parce que de nombreux acteurs italiens ont une dimension internationale et affichent de ce fait une plus forte réticence à se porter acquéreurs» indique Laurence Boone.
Par ailleurs les besoins de financement de l’Italie sont plus importants que ceux de l’Espagne, 350 milliards contre 150 milliards. La crainte est réelle pour l’économiste de Merrill Lynch qu’au fur et à mesure de l’année la demande pour la dette italienne s’affaiblisse, qu’une émission débouche sur un échec et que cela ait des répercussions sur les marchés à un moment ou le filet de sécurité européen est fragile, le MES n’étant pas fonctionnel et le FESF ayant du mal à lever de l’argent.
Imen Hazgui
Publié le 24 Janvier 2012
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