Japon : quand le malheur des uns fait le bonheur des autres…
(Easybourse.com) Que les investisseurs se réjouissent ! Le cas japonais constitue une aubaine. L'effondrement de la bourse de Tokyo, représenterait effectivement une très bonne opportunité d'investissement selon André Marini Président et gérant de la société de gestion CERES Asset Management.
Cette chute est due à une lassitude généralisée. Les craintes d'une nouvelle récession aux Etats-Unis qui entrainerait un ralentissement mondial ont beaucoup pesé dans la mesure où le Japon vit beaucoup de ses exportations. Les incertitudes sur le plan politique ont également été un poids. «Les autorités politiques n'avancent pas. Par ailleurs, nous avons eu depuis dix ans au moins un premier ministre par an. Pour la seule dernière année, nous avons eu trois premiers ministres. Cela ne fait pas très sérieux». Et le dernier premier ministre Naoto Kan est actuellement assis sur un siège éjectable d'ici le 14 septembre prochain.Enfin, les investisseurs sont déçus par le fait que la bourse de Tokyo est la bourse la moins performante en Asie. En conséquence le taux de rentabilité est moindre.
La flambée du yen aura été la cerise sur le gâteau pour accélérer l'écroulement de la bourse japonaise. La devise nippone flirte depuis un moment avec son plus haut niveau en quinze ans face au billet vert et avoisine son record en neuf ans face à la monnaie unique européenne.
Les mesures prises par la Banque du Japon et le plan de relance avancé par le gouvernement n'auront pas été d'un grand effet.
L'indice Nikkei des 225 valeurs vedettes est tombé ces derniers jours à son plus bas niveau depuis 16 mois, une faiblesse sans précédent depuis fin avril 2009.
L'indice a fini en diminution de 3,55% mardi perdant 325,20 points à 8824,06 points, son plus important repli en pourcentage sur une séance depuis près de trois mois.
Le Topix, plus large, a cédé 24,54 points (-2,96%) à 804,67 points. «Actuellement le Topix se situe à une fois la book value, autrement dit pas grand-chose» souligne André Marini.
La Bourse japonaise figure de ce fait parmi les bourses les moins chères d'Asie.
Sans grande surprise les valeurs exportatrices sont les valeurs les plus affectées. «C'est la raison pour laquelle notre portefeuille est orienté aux deux tiers vers ces valeurs dès lors qu'elles présentent de très bons fondamentaux».
Les groupes d'électronique ont porté un lourd tribut. Depuis le 1er janvier, Sony a fléchi de 11,05%, Panasonic de 18,64%, Canon de 11,38% et Sharp de 31,71%.
Au sein des constructeurs automobiles, Toyota a perdu durant la même période 26,37%, Honda 9,74 % et Nissan 20,37%.
Les conglomérats industriels ont aussi fait les frais de ce marasme général: Toshiba a abandonné 24,27% et Hitachi 29,61%. «La concurrence des coréens n'aura pas aidé, notamment dans le nucléaire du fait de l'effondrement du won sur la base d'incertitudes liées à des considérations politiques et financières (voisin encombrant, fragilité de la balance des comptes courants)».
Le gérant est investi sur le Japon à 100% depuis un an et n'a pas l'intention de bouger. «Nous avons fait +15% de performance jusqu'à avril et +7% depuis cette date et jusqu'à maintenant en dépit de la forte baisse du marché».
Parmi les principaux paris: Honda, Nissan, Fanuc, le n°1 mondial dans les robots, Terumo ou Sysmex dans les équipements médicaux, Atsu…
«Si le yen baisse, ce sont ces valeurs qui repartiront en premier».
L'expert ne néglige pas non plus les valeurs domestiques dans la santé et le vieillissement de la population, les produits génériques Toapharma, Pharmaceutical, ou encore dans les cosmétiques avec Shedo.
La délocalisation devrait par ailleurs être un facteur de soutien. «La tendance a commencé il y a 20 ans et devrait s'accélérer compte tenu de la forte progression du yen. Les délocalisations vers la Chine, l'Indonésie, le Vietnam des grandes sociétés japonaises se multiplient. Cette délocalisation renforce leur attractivité».
Le marché pourrait progresser entre 5 et 10% d'ici la fin de l'année. Sachant que depuis le début de l'année il a perdu 15,36%.
Imen Hazgui
Publié le 01 Septembre 2010





