Faut-il augmenter les salaires?
(Easybourse.com) Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, est formel, la crise sociale est lancinante en Europe. Il faut sérieusement s'en préoccuper et s'attarder sur les petits salaires. A contrario, pour Jean-Claude Trichet, président de la BCE, augmenter les salaires serait la pire des stratégies pour enrayer cette crise.
Comme l’a signalé hier soir Dominique Strauss Kahn, Directeur général du FMI, si la crise financière est passée, et si la situation économique s’améliore reste que la crise sociale nous guette, en particulier dans les pays européens. « On a surmonté la crise économique, mais on n’a pas surmonté la crise sociale. On a évité l’effondrement mais on n’a pas évité les souffrances », a-t-il déclaré sur l’antenne de France 2. Avec un chômage en hausse, la situation sociale se dégrade et laisse craindre, pour certains pessimistes, le pire dans les mois à venir.Dominique Strauss Kahn dénonce les niveaux de bonus excessifs
L’ancien ministre des finances dénonce en même temps dans le quotidien Le Parisien le niveau exorbitant des bonus des banques.
Ce que je trouve scandaleux, c'est que les banques aujourd'hui soient revenues à une pratique courante avant la crise, notamment en matière de rémunération

Est-ce un faux débat ? Entraîne-t-on l’opinion publique dans la démagogie en relayant l’idée de plus en plus prégnante sur l’écart de rémunérations de la sphère financière par rapport aux autres secteurs ? Pour Marc Touati, sans aucun doute. Même s’il reconnaît « qu’il y a une part de vérité dans ce constat simpliste et qu’il serait politiquement correct et surtout très pratique de s’y rallier ». Il faut, conseille-t-il aux banques, « faire preuve d’une grande humilité face à leurs profits. Mais surtout, les banques doivent maintenant prouver qu’après avoir retrouvé leurs forces, elles vont désormais exercer leur vrai métier, en l’occurrence octroyer des crédits et irriguer l’économie ».
Jean-Claude Trichet : la hausse des salaires, la pire des stratégies"
Mais alors que Dominique Strauss Kahn prône une revalorisation des petits salaires en France pour enrayer la crise sociale, Jean-Claude Trichet prévient que ce serait "la dernière des bêtises à faire". "Il est parfaitement clair que ceux qui ont su maîtriser leurs coûts connaissent le succès en matière de lutte contre le chômage », a-t-il expliqué sur Europe 1, prenant l'Allemagne en exemple.
Pour autant, pas un mot sur le niveau « scandaleux », pour reprendre le terme de Dominique Strauss Kahn des niveaux de bonus versés au monde financier.
Il est parfaitement clair que ceux qui ont su maîtriser leurs coûts connaissent le succès en matière de lutte contre le chômage

La croissance, le seul salut
Il y a donc de fortes chances pour que la hausse salariale passe uniquement par une reprise de l’activité dans l’Hexagone. Et sur ce sujet, certains indicateurs publiés ce matin redonnent de l’espoir. La croissance de l'activité du secteur privé en France s'est accélérée en février avec un indice PMI à 59,5 points, en hausse de 1,9 point grâce à une progression de l'activité dans les services, selon une première estimation du cabinet Markit. C’est la plus forte hausse depuis six mois. Les entreprises considèrent que la conjoncture s'améliore et que leurs clients reconstituent leurs stocks. Voilà un élément positif, qui s’il se confirme pourrait insuffler un nouveau vent d’optimisme sur les carnets de commandes et avec lui la création d’emplois.
Stéphanie Villers
Publié le 21 Février 2011
Articles Connexes:
Derniers commentairesAccès aux forums
le roseau. a dit:
la crise sociale est a la porte de la france et personne n'agit . quand on banque qui continuent a saigner ces clients pour les pousser au suicide ,elles aussi courent le risque de la crise europeenne qui pointe son nez .
osmane a dit:
Que Trichet vive avec le Smic et on verra s'il tient le même discours. La bêtise, c'est de sortir de telles âneries. Il compare des salaires allemands qui n'ont rien à voir avec ceux - minables - de la France même si je reconnais que les salaires allemands n'augmentent plus comme par le passé et que certains impôts amputent le salaire net.





