Où sont les femmes?
(Easybourse.com) Comme chaque année depuis 1977, la Journée internationale des droits des femmes met le sexe féminin à l'honneur. La Journée internationale des droits des femmes trouve son origine dans les manifestations féministes du début du XXe siècle en Europe et aux Etats-Unis. A l'époque, elles réclamaient l'égalité, de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Mis à part l'accès à l'isoloir, les autres combats restent d'actualité.
Mieux vaut vivre sans ambition si on est une femme en France. Car vous aurez beau être aussi diplômée qu'un homme, vous n'arriverez pas à franchir le mur des conseils d'administration —sauf à de très rares exceptions près.Les conseils d'administration, tout comme les hautes instances du secteur public sont des clubs très sélects, regorgeant de costumes cravates. Les femmes ne représentent que 10% des membres du conseil d'administration ou de surveillance des sociétés du CAC40. 42% des comités exécutifs restent exclusivement composés d'hommes. Pourtant, les femmes sont autant diplômées que les hommes, et leur réussite scolaire est en général bien meilleure que celle des garçons.
On s'émeut souvent de cette injustice. On se navre au moins une fois par an de l'absence de la gente féminine dans les instances décisionnaires.
Les femmes ne représentent que 10% des membres du conseil d'administration ou de surveillance des sociétés du CAC40 
Quotas
De quoi s’agit-il exactement? Voilà en filigrane la nouvelle loi: imposer un quota minimum de femmes de 40% dans les comités de direction des sociétés cotées et publiques d’ici 2017. Cette réforme doit s'appliquer en deux temps, un premier palier de 20% de femmes les trois premières années, ensuite le passage au bout de six ans à 40%. C'est sûrement la seule chose qui reste à faire pour faire bouger les lignes. Depuis le temps qu’on parle de cette parité sans en voir la couleur, reste la loi pour réussir l’infranchissable. La loi prévoit que les décisions prises en conseil d'administration ne pourront être validées que si le quota est respecté. Cette fois-ci, aucune sanction financière ne sera imposée aux entreprises pour empêcher que ces dernières ne contournent cette nouvelle obligation en s'affranchissant d'une amende (à l'instar de ce qui s'est passé pour les handicapés notamment).
Les raisons invoquées en «off», pour expliquer l'absence récurrente de femmes dans ces instances décisionnaires, par ceux qui en font partie, posent quelques inquiétudes sur leur capacité à évoluer. «Si les femmes veulent intégrer les comités de direction, elles doivent s'adapter à nos méthodes, notre manière d'être et de penser», entend-on par ces derniers sous le sceau de la confidence.
Si les femmes veulent intégrer les comités de direction, elles doivent s'adapter à nos méthodes, notre manière d'être et de penser 
Mentalités
Mais de quoi parle-t-on ici au juste? Entre nous soit dit, il n'est pas question de compétence. C'est davantage une histoire de pouvoir dont il est question et qui prend tous ses droits dans ces lieux ultra fermés. Les dirigeants du conseil se retrouvent entre eux et n’entendent pas partager leur privilège. Car plus il y aura de femmes dans les conseils d’administration moins il restera d’hommes pour se partager le pouvoir.
Les quelques femmes qui ont déjà réussi à braver le mur des conseils d'administration, sortent du commun et suscitent sans aucun doute l’admiration. Elles ont su se distinguer de tous les autres et faire preuve d'une ouverture d'esprit hors du commun. Les hommes, qui doivent partager leur siège avec elles apparemment ne s'en plaignent pas. En tout cas, publiquement. Il paraît que la présence des femmes aide à la prise de décision, elles sont plus directes, plus pragmatiques. Les projets aboutissent plus vite, semble-t-il...
Stéphanie Villers
Publié le 08 Mars 2011





