Le « Footsie » se décline en vert
(Easybourse.com) Cette semaine, deux nouveaux indices ont fait leur apparition outre-Manche: l'ET UK 100 et l'ET Europe 300. On y retrouve les principales capitalisations britanniques et européennes, classées selon leur performance environnementale.
Dans le climat plutôt sombre de la conférence de Bonn (6-17 juin) sur le changement climatique, une ONG britannique a annoncé la création de deux nouveaux indices boursiers « verts » afin d’accélérer la conversion écologique des grandes entreprises cotées.Baptisés « ET UK 100 » et « ET Europe 300 », ces indices sont en réalité des classements des principales capitalisations britanniques et européennes en fonction de leur performance environnementale. «Un indice normal vous donne la capitalisation boursière calculée à partir de la taille de chaque entreprise. Dans ces deux indices, le poids de chaque entreprise est fonction de ses émissions de CO2 et de son degré de transparence sur le sujet», explique Sam Gill, directeur de l’Environnemental Investment Organization (EIO). Moins une entreprise émet, plus son poids dans l’indice est important.
« Passer de la parole aux actes »
L’association espère ainsi encourager les épargnants à investir dans les secteurs et les entreprises les moins polluants. «La logique de cette approche est de faire pression sur les industries les plus intensives en carbone», reconnaît Sam Gill qui regrette que les émissions de CO2 ne soient pas prises en compte à l’heure actuelle dans la valorisation des grands groupes.
Pourtant, plusieurs autres indices à caractère environnemental existent déjà. On peut notamment citer l’indice Low Carbon 100 Europe, lancé en 2008 par Euronext. «L’objectif de l’indice Low Carbon 100 Europe est de fournir aux investisseurs une exposition aux entreprises les plus performantes, au sein de chaque secteur, en matière environnementale. C’est pourquoi nous ne retenons que 100 entreprises dans un univers d’investissement constitué des 600 plus grandes entreprises européennes, mais sans exclure aucun secteur», indique George Patterson, directeur des indices européens du groupe NYSE-Euronext. Dans le cas des activités les plus émettrices de CO2, comme l’automobile et l’énergie, l’analyse tient compte de l’ensemble des émissions, directes et indirectes. «Au final, l’indice est une représentation assez exacte des meilleurs comportements au sein de chaque secteur.»
Cette démarche n’est pas suffisamment contraignante, selon Sam Gill. Pour preuve, les émissions de CO2 ont atteint de nouveaux records en 2010, après avoir temporairement diminué sous l’effet de la crise économique. Selon le directeur de l’EIO, il est temps de «passer de la parole aux actes» au travers de choix d’investissement véritablement discriminants, qui pénalisent les secteurs les plus polluants et favorisent les plus sobres en énergie. C’est dans ce but qu’ont été constitués les indices ET UK 100 et ET Europe 300. L’autre objectif est d’inciter les entreprises à divulguer un maximum d’informations vérifiées sur leurs émissions de CO2. Ainsi, même les entreprises le plus polluantes pourront améliorer leur position dans le classement, qui sera établi chaque année.
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François Schott
Publié le 10 Juin 2011







