Solvay-Rhodia : «Aucune restructuration en perspective à la suite de cette opération» a assuré le PDG
(Easybourse.com) Solvay, un groupe d'origine belge contrôlé par les familles fondatrices, a annoncé aujourd'hui le lancement d'une offre publique d'achat amicale sur Rhodia, à hauteur de 3,4 milliards d'euros. Ce matin, Jean Pierre Clamadieux, PDG du groupe français revenait sur les détails de cette offre sur BFM TV.
«Nous avons décidé de joindre nos forces pour former un grand groupe de chimie qui aura 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires et qui sera leader mondial dans l’ensemble de ses métiers» a déclaré M Clamadieux.«La société Rhodia était engagée depuis plusieurs années dans une stratégie de 'stand alone', persuadée d’être en mesure de construire son avenir seule. Lorsque cette opportunité est apparue, nous avons considéré les choses avec beaucoup d’attention» a expliqué le président. Les détails de l’OPA sont négociés depuis plusieurs semaines.
Les deux groupes sont de même taille : 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour Solvay, 5, 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour Rhodia, 1 milliard d’euros d’Ebitda pour le premier, 900 millions d’euros pour le second. En termes d’effectifs, la société belge compte 16 000 personnes alors que le groupe français comptabilise 15 000 employés. «Les métiers, les technologies sont en revanche complémentaires» précise M Clamadieux.
La prime proposée aux actionnaires de Rhodia est très intéressante, de 50% sur le dernier cours coté. «La société avait beaucoup souffert ces dernières semaines du fait d’un certain nombre de mouvements et d’interrogations sur la capacité du groupe à faire face à la hausse des matières premières». Le conseil d’administration hier soir a recommandé à l’unanimité aux actionnaires d’apporter leurs titres à cette offre.
Le président n’exclut pas l’histoire d’une contre offre. «Nous pensons qu’il y a un excellent projet. C’est ce projet que nous souhaitons défendre. Nous sommes convaincus du caractère unique de cette opportunité. Cependant, si quelqu’un vient demain avec un autre projet nous le regarderons comme le prévoit la règlementation concernant les offres publiques».
Pour le président de Rhodia, la stratégie poursuivie avec cette opération n’est pas de peser davantage face aux clients pour avoir un meilleur pricing power. «Nos résultats du premier trimestre démontreront que le groupe est capable de défendre ses marges dans le contexte actuel».
La stratégie visée est davantage une stratégie de croissance. «Nous avons ensemble 40% de notre chiffre d’affaires dans les pays émergents. Nous sommes ainsi un des groupes de chimie les plus exposés à ces pays à très forte croissance. Qui plus est, du fait de la structure de bilan solide, le groupe aura les moyens de saisir des opportunités dans une tendance qui est celle d’une consolidation de l’industrie chimique».
Aucune restructuration n’est envisagée à la suite de cette opération capitalistique. «Nous n’avons pas de recouvrement industriel. Cette opération ne devrait donc avoir aucun impact sur nos sites industriels ou nos activités en France. Bien sur des optimisations seront recherchées dans les fonctions support et dans les activités de siège mais ce seront seulement des ajustements».
Christian Jourquin, actuel président de Solvay prendra la tête de l’entité commune. «Les actionnaires de Solvay m’ont demandé de rejoindre l’équipe de direction comme numéro 2. Je devrais reprendre le relai de M Jourquin quand celui-ci partira en retraite» signale M Clamadieux.
Imen Hazgui
Publié le 04 Avril 2011





