Le rebond en douceur du CAC 40 pourrait se prolonger cette année
(Easybourse.com) Depuis neuf mois, les marchés actions aux Etats-Unis et en Europe suivent une pente ascendante qui les a ramenés à leurs niveaux de l'automne 2008, avant la chute Lehman Brothers. Cette hausse devrait se poursuivre, estiment plusieurs experts, malgré les incertitudes qui pèsent encore sur certains secteurs.
Et si les marchés actions avaient tourné la page de la crise financière ? Depuis bientôt neuf mois, on observe en effet un rebond des bourses occidentales, certes entrecoupé de quelques rechutes, mais qui n’ont pas remis en cause la tendance fondamentale au rattrapage des pertes occasionnées par la débâcle de l’automne 2008. Ainsi le CAC 40 a progressé de 25% depuis début juillet, retrouvant son niveau de septembre 2008, juste avant la chute de Lehman Brothers. Le Dow Jones a franchi la semaine dernière le cap des 12 200 points qu’il n’avait plus atteint depuis juin 2008. Dans le même temps, les indicateurs publiés de part et d’autre de l’Atlantique confirment la reprise de l’activité dans l’industrie et dans les services, même si l’emploi peine à redémarrer.Un retour de l’appétit pour le risque
« Il y a six mois, le scénario qui prévalait sur les marchés était celui d’une nouvelle récession des principaux pays industrialisés. On était allé très loin dans la thématique de déflation. Aujourd’hui, c’est le scénario inverse qui s’installe. La situation macroéconomique s’est améliorée et les risques de rechute sont faibles. Dans ces conditions, on observe un retour des investisseurs vers les actions », explique Franck Nicolas, Directeur de l'allocation globale et ALM de Natixis Asset Management.
Patrick Moonen, stratégiste Senior chez ING Investment Management, note lui aussi un « changement profond » dans le comportement des investisseurs qui se traduit par une baisse de l’aversion au risque. En 2010, la plupart d’entre eux s’étaient réfugiés sur le marché obligataire, jugé plus sûr, formant au passage une « bulle obligataire » qui menaçait d’exploser avec les problèmes liées à la dette des Etats. Or, les fonds obligataires américains, pour ne citer qu’eux, ont subi entre novembre et janvier des sorties nettes estimées à 23 milliards de dollars, tandis que les fonds actions ont bénéficié d’un afflux sur la même période de 16 milliards. Le dégonflement de la bulle obligataire alimente ainsi la hausse des marchés actions. A cela s’ajoute le retour de l’inflation, qui rend les investissements en obligations moins attractifs. « L’inflation va continuer à diriger les flux de capitaux vers les marchés actions, à condition que les taux longs ne dépassent pas 4% », juge Patrick Moonen.
Des incertitudes demeurent
Les deux experts considèrent que les bourses n’ont pas épuisé leur potentiel de hausse, mais que celle-ci devrait être modérée d’ici à la fin de l’année. « Nous sommes positifs sur les marchés actions en 2011, en particulier dans les pays développés. Nous tablons sur un CAC 40 à 4250 points à la fin de l’année, soit une progression de 12% sur douze mois, et un peu plus avec les dividendes », indique Franck Nicolas (Natixis AM). Ce scénario inclut toutefois des «points de vigilance » comme la fragilité du marché du travail et de l'immobilier aux USA, les incertitudes sur les dettes souveraines en zone euro et les bilans bancaires, et l’inflation dans les pays émergents.
Patrick Moonen (ING) prévoit une hausse des marchés elle aussi proche de 12% en Europe et de l’ordre de 10% sur l’ensemble de l’année aux Etats-Unis. « Nous n’excluons pas que nos objectifs de hausse soient atteints avant la fin de l’année, et que les bourses suivent ensuite un mouvement latéral », précise-t-il. L’environnement risque en outre d’être plus incertain au deuxième semestre en raison de la cure d’austérité prévue par Barack Obama qui va certainement entraîner une révision à la baisse des prévisions de croissance américaine pour 2012.
François Schott
Publié le 16 Février 2011







