Quand Stiglitz imagine l'euro sans l'Allemagne
(Easybourse.com) Interrogé par la BBC sur la crise de la dette, le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz, émet une hypothèse pour le moins iconoclaste : la sortie de l'Allemagne de la zone euro.
Alors qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se rencontrent ce mardi pour discuter de l’avenir de la zone euro, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie et conseiller du président français à ses heures, formule une hypothèse qui risque de ne pas plaire à la chancelière allemande : la sortie de son pays de la zone euro.Interrogé dans l'émission Newsnight de la BBC, l’économiste a jugé qu'il serait très difficile pour l'euro de survivre sans la mise en place d'obligations émises en commun par les pays de la zone, les fameux «eurobonds». Or, Berlin est farouchement opposé à cette solution, refusant même que le sujet soit évoqué aujourd’hui à Paris.
«Si l'Europe décide que le seul moyen de continuer passe par un fonds de stabilisation ou de solidarité sous la forme d'eurobonds, dont l'Allemagne ne veut pas, alors ce sera à l'Allemagne de partir», en conclut Joseph Stiglitz. Et le prix Nobel d’ajouter que l'euro survivrait mieux à l'abandon de la monnaie unique par l'Allemagne que par des pays lourdement endettés comme la Grèce, le Portugal ou l'Irlande.
De quoi mettre un peu plus la pression sur le sommet franco-allemand de ce jour. «C'est une journée de tous les dangers. Si les signaux ne sont pas suffisamment constructifs à l'issue de ce sommet, le marché va se réveiller avec une vraie gueule de bois», a estimé Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis AM, cité par l’AFP.
Vers 15h20, le CAC 40 abandonne 1% à 3207 points, après avoir touché un plus bas ce matin à 3162 points.
François Schott
Publié le 16 Août 2011





