Italie : le risque d'un basculement à la grecque accentué par S&P
(Easybourse.com) Au-delà de la perte du triple A de la France, les inquiétudes des investisseurs liées à la décision de Standard & Poor's d'abaisser la note de plusieurs pays de la zone euro devraient davantage concerner l'Italie.
S&P n’est pas allée de main morte avec l’Italie malgré les importantes mesures d’austérité prises par le nouveau gouvernement dirigé par Mario Monti.L’Italie a quitté le clan des pays notés A pour passer dans le clan des pays notés B. L’évaluation donnée à la dette du pays est à présent de BB+ avec une perspective négative.
Il ne s’agit pas là d’une simple lettre. Avec une telle décision, ce n’est pas seulement une accentuation de l’érosion de la confiance des investisseurs envers la solidité de la dette italienne qui est en cause.
De nombreux investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurances, fonds de pension…) ont vocation à se retrouver dans l’impossibilité réglementaire de détenir de la dette italienne.
Non seulement des ventes massives plus prononcées pourraient avoir lieu, mais surtout, certains investisseurs qui se sont massivement désengagés de la dette italienne en attendant que les choses se calment ne seront plus en mesure de se réorienter vers les titres d’emprunt italiens, en dépit de la liquidité abondante octroyée par la BCE.
L’évolution du taux à dix ans de l'Italie sera à suivre de près. La prochaine émission d’obligations à longue échéance est prévue le 31 janvier. «Nous ne sommes pas à l’abri d’un basculement à la grecque» soutient Marc Fiorentino sur BFM.
La pression est sur la Banque Centrale Européenne. Celle-ci sera au pied du mur. Elle devra être plus active pour racheter les titres italiens et éviter que le taux ne dérape au-delà des 7%. «Quand le taux dépasse les 7%, il passe à 8% puis à 12%, puis à 25%. Une telle évolution est possible à gérer avec un pays comme la Grèce, l’Irlande ou le Portugal, mais certainement pas avec l’Italie» poursuit Marc Fiorentino.
I.H.
Publié le 16 Janvier 2012
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