Le Portugal inquiète de plus en plus les investisseurs
(Easybourse.com) Depuis quelques jours, le regard des investisseurs est focalisé sur le cas du Portugal. Les inquiétudes vont grandissantes. Certains n'hésitent pas à avancer un scénario à la grecque.
Les craintes ont notamment été alimentées par une note de l’agence de notation Fitch vendredi dernier faisant paraitre une forte baisse de la masse monétaire m1, une dynamique qui rappelle celle qu’avait connue la Grèce il y a quelques temps.«Cette réduction de la masse monétaire dénote d’une fuite des capitaux hors du système bancaire portugais. Cet élément contribue à la vulnérabilité des établissements bancaires portugais » précise Dominique Barbet.
La dégradation par Fitch de la note de crédit du Portugal découlant de son analyse n’a pas arrangé les choses. Un certain nombre d’investisseurs ont du sortir mécaniquement de la dette portugaise, plusieurs réglementations nationales ne permettant pas effectivement à des investisseurs institutionnels d’aller vers des obligations souveraines à haut rendement, autrement dit risquées.
Au-delà des flux vendeurs massifs, les flux acheteurs ont été atones, si bien que la BCE a du intervenir sur le marché secondaire, à hauteur d’environ 63 millions pour acquérir des titres portugais.
Résultat des courses, ce mardi, le taux à dix ans portugais est à 16%, le taux à cinq ans à 22% et le taux à deux ans proche des 20%. Heureusement, le retour du Portugal sur le marché n’est prévu que pour mai 2013.
Le premier ministre portugais a pris la parole pour tenter de rassurer affirmant que le Portugal n’était en aucun cas dans la même situation que la Grèce. Pas certain du tout que cela ait permis de calmer les ardeurs.
«Certes, le Portugal est un pays mieux géré et moins endetté que la Grèce. Cependant, on voit le pays s’enfoncer dans la récession. Le ratio dette sur PIB a vocation à augmenter. On peut craindre que ne finisse par se matérialiser un risque de solvabilité un peu comme pour la Grèce aujourd’hui» explique Dominique Barbet.
L’économiste veut cependant relativiser la situation. «Il y a lieu de ne pas être excessivement pessimiste pour autant. Nous pouvons compter sur la présence directe et indirecte de la BCE. L’opération de refinancement des banques européennes à la fin du mois de février devrait apporter une bouffée d’oxygène. Le périmètre du collatéral exigible a été élargi. Les liquidités que les banques pourront obtenir auprès de l’institution monétaire devraient être plus importantes que lors de l’opération de refinancement du mois de décembre».
Imen Hazgui
Publié le 31 Janvier 2012
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