En dépit des signes de ralentissement de la première économie européenne, plus de 30 000 salariés de l'industrie allemande ont participé à des débrayages mercredi, poursuivant leur mouvement pour obtenir des hausses de salaire.

Ils réclament une hausse de 6,5% sur 14 mois, alors que le patronat veut s’en tenir à 3%. Le mouvement a touché aujourd’hui de grands groupes comme Bosch, Mercedes (Daimler), Volkswagen ou MAN à travers tout le pays, depuis le Bade-Würtemberg et la Bavière (sud) jusqu'à la Rhénanie du Nord-Westphalie (nord-ouest) et à Berlin.

D'autres arrêts de travail sont prévus dans la soirée, d’après le syndicat IG Metall. Début avril, au terme de plusieurs semaines de négociations ponctuées de grèves dans tout le pays, les deux millions de salariés de la fonction publique allemande avaient obtenu des hausses de salaires de 6,3% sur deux ans.

Les négociations actuelles concernent l'énorme secteur de la métallurgie, qui comprend les machines-outils, la mécanique, l'automobile, l'électro-ménager ou encore les semi-conducteurs et emploie plus de 3,5 millions de salariés dans le pays. Ces derniers espèrent récolter les fruits de leurs efforts pendant la crise et de la bonne résistance de leur économie.

Cependant, l’industrie allemande montre elle aussi des signes de faiblesse. En avril, l’indice PMI des directeurs d’achats a atteint son plus bas niveau depuis 33 mois, signalant une contraction de l’activité manufacturière. Pour la première fois depuis mars 2010, les entreprises ont dû réduire leurs effectifs face à des carnets de commandes en baisse, a indiqué mercredi la société Markit Economics.