Banques américaines : de bons résultats éphémères…
(Easybourse.com)
Les très bons résultats des grandes institutions de renom seraient a priori tirés par des moteurs artificiels. Ils présenteraient par ailleurs plusieurs fragilités.
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Le système bancaire américain est-il complètement tiré d’affaire ?
«La vulnérabilité des banques régionales américaines»
Des résultats dopés par un effet de base et un rallye sur les marchés
Les résultats des grandes banques américaines ont été tirés principalement par leur activité de banque d’investissement. «Si l’on considère les résultats de Goldman Sachs, et que l’on s’efforce de lire entre les lignes, on s’aperçoit que l’activité de banque d’investissement (les commissions sur les transactions actions, sur les opérations exceptionnelles réalisées…), autrement dit la partie non récurrente sur les chiffres d’affaires a pleinement tiré les résultats à la hausse. Quand vous avez des marchés qui depuis le 9 mars augmentent de 60%, qui incluent une hausse des volumes, cela n’est pas étonnant. Les chiffres intéressant le pôle banque d’affaires sont en revanche en baisse de 30%» précisait Maxence de Lavenere Lussan, gérant au sein d'OFI Asset Management.
Par ailleurs l’effet de base a été très favorable à ces institutions. «L’année dernière et au premier trimestre de cette année, les établissements bancaires ont annoncé des chiffres catastrophiques. Nous sommes passés de -300% à +10 ou +15%» mentionnait le gérant d’OFI AM.
Au deuxième trimestre 2009, malgré les chiffres d’affaires très élevés, le système bancaire dans son ensemble était en perte. «C’est un des rares trimestres où nous avons eu de telles pertes» mettait en évidence Estelle Honthaas, économiste au sein de Credit Agricole S.A.
Des dépréciations d’actifs toxiques en net recul, mais des CDL (créances douteuses et litigieuses) en forte augmentation
Selon les statistiques publiées chaque trimestre par Bloomberg, les dépréciations sur titres constituent clairement un poids en reflux dans les résultats des grands établissements bancaires. Selon Estelle Honthaas, «les premiers signes de stabilisation du marché immobilier résidentiel y ont contribué. Nous devrions avoir moins de mauvaises surprises de ce côté». On observe des signes concrets de redémarrage après plus de trois ans de récession (hausse des ventes de logements et des mises en chantier, ralentissement de la baisse des prix).
En revanche il n’en est pas de même pour le coût du risque. Au trimestre dernier, deux importantes institutions Citigroup et Bank of America affichaient un coût du risque trimestriel dépassant les dix milliards de dollars. JP Morgan présentait dernièrement un coût du risque de près de 9 milliards de dollars.
«Les proportions sont phénoménales. Le coût du risque atteint in fine 3,5% des encours de crédit de l’ensemble des établissements bancaires américains. Du jamais vu dans l’histoire bancaire moderne américaine, depuis la création de la FDIC en 1934» faisait remarquer l’économiste de Crédit Agricole.
Nous sommes loin d’avoir terminé le cycle de provisions à faire passer sur ces créances douteuses de la part des établissements bancaires. «Le nombre de saisies immobilières ont augmenté de 5% en séquentiel au troisième trimestre à 938 000 propriétés. C’est le plus haut ratio depuis le premier trimestre 2005. Les Etats touchés sont très nombreux, le Nevada, l’Arizona, la Californie, le Michigan» déclarait Maxence de Lavenere.
«Ce modèle basé sur les saisies immobilières est déstabilisant. Une dette hypothécaire qui ne peut plus être honorée devient l’affaire de la banque. Des discussions sont en cours pour réformer ce système et permettre par exemple de donner un peu plus de temps à l’emprunteur pour honorer ses engagements» concluait Andreas Höfert, chef économiste en chef d'UBS.
Selon la FDIC, les CDL représentaient au bilan de l’ensemble des banques américaines, au 30 juin 2009 environ 4,5% du total des crédits. Pour Estelle Honthaas «c’est là un chiffre extrêmement élevé».
D’après le même organisme, ces créances douteuses constituaient au 30 juin 2009 aux alentours de 2,5% de l’ensemble du crédit à la consommation et 5,5% des crédits immobiliers.
Imen Hazgui
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Publié le 15 Octobre 2009





