La vulnérabilité des banques régionales américaines
(Easybourse.com) L’hétérogénéité est croissante entre les grands établissements dont les revenus sont tirés par leur activité de banque d’investissement et les autres acteurs moins diversifiés qui ont une implantation plus locale et qui sont affectés de plein fouet par les pertes dans le crédit. 98 faillites ont été comptabilisées depuis janvier 2009. La FDIC, l’organisme chargé de régler les faillites bancaires et de garantir les dépôts des épargnants, s’attend à ce qu’il y en ait beaucoup plus d’ici décembre. 450 établissements «à problème» ont été identifiés au 30 juin 2009.
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«Banques américaines : de bons résultats éphémères…»
La dégradation de la qualité des actifs et l’accroissement des CDL (créances douteuses et litigieuses) dans les bilans des banques n’est pas uniforme dans le temps. Ce processus date du début de la crise, à la mi-2007. Les premiers décrochages ont concerné l’immobilier résidentiel. Progressivement, cela a gagné d’autres classes d’actifs, les prêts personnels, les prêts d’entreprises et les prêts immobiliers commerciaux.
Si nous considérons les expositions aux risques, on remarque alors que les grandes banques commerciales ont acquis des parts de marché plus importantes que leur poids naturel sur le segment du crédit immobilier résidentiel qui justement est en phase de stabilisation.
Inversement, les plus petits établissements ont une part de marché nettement supérieure à leur poids naturel sur le segment de l’immobilier commercial. «Ce dernier pôle représente plus de 30% du total des prêts au bilan des banques américaines dont les actifs sont compris entre 100 millions et 1 milliard de dollars, autrement dit la moitié des banques américaines. Cependant il ne constitue que 13% du total des prêts accordés par les banques américaines ayant plus d’1 milliard de dollars d’actifs» faisait noter Selon Estelle Honthaas, économiste au sein de Credit Agricole S.A.
Or l’immobilier commercial est clairement préoccupant. «Le retournement de ce marché suit celui de l’immobilier résidentiel, la récession ne fait donc que commencer et nous attendons une contraction sévère de ce secteur» soulignait Hélène Baudchon, également économiste au sein de Credit Agricole S.A.
En 1929 nous avons connu plus de 1000 faillites bancaires aux Etats-Unis. Nous en avons une centaine actuellement. La marge de manœuvre est importante et nul ne sait dans quelle mesure elle sera comblée.
«La FDIC a épuisé toutes ses réserves pour garantir tous les encours de prêts de ces banques. Il en reste à venir. L’institution a demandé récemment aux banques de remettre dans la caisse entre 3 et 5 milliards de dollars pour pouvoir réalimenter le fonds de garantie» mentionnait Maxence de Lavenere Lussan, gérant au sein d'OFI Asset Management.
Selon les chiffres du mois d’août, nous avions amortis pour 1600 milliards de dollars américains. Le FMI estimait en octobre la facture finale à 2800 milliards de dollars. Cette révision s’est faite à la baisse. En mars la même organisation tablait sur des pertes de près de 4000 milliards de dollars.
Dans tous les cas, il semble que nous ayons encore environ 1000 milliards de dollars à amortir. Pour Andreas Höfert, chef économiste en chef d'UBS «Ces amortissements ne devraient plus se faire dans les grandes banques, mais dans les petites. Et elles devraient être étalées dans le temps».
Imen Hazgui
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Publié le 15 Octobre 2009





