Une concurrence avivée par la hausse du taux du livret A
(Easybourse.com) Pour la première fois depuis deux ans, la rémunération du livret le plus répandu en France, avec plus de 50 millions de clients, s'est orienté à la hausse faisant ainsi de l'ombre aux contrats d'assurance-vie.
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D'autant que ce produit présente l'avantage d'échapper à la fois à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
Le Livret A a attiré 2,34 milliards d'euros d'épargne au premier semestre. «Les encours pourraient progresser de deux à trois milliards d'euros d'ici à la fin de l'année, hors intérêts versés», estime Cyril Blesson, directeur de la recherche économique chez Seeds Finance.
«Et à moyen terme, nous pourrions très bien envisager une remontée du taux du livret A à 2%» avance Philippe Crevel.
Un léger coup de frein pour la collecte en assurance vie
La hausse du taux du livret A ne sera pas sans conséquence sur l'assurance. Celui-ci devrait connaitre «un léger coup de frein» subodore Cyril Blesson.
D'autant que d'autres livrets réglementés devraient également être révisés à la hausse type Livret de développement durable (LDD) et Livrets bleus du Crédit Mutuel _ tous à 1,75% _ mais les comptes sur livret d'épargne populaire (LEP) qui passeront à 2,25%, les comptes sur livrets d'épargne entreprise à 1,25% et les comptes épargne logement (CEL) à 1,25%.
L'assurance-vie en euros reste a priori toujours très attrayante car elle offre des rendements bruts proches de 3,7-3,8 %, mais on ne peut pas la considérer comme un placement liquide - même si des possibilités de retraits anticipés existent - car il faut détenir un contrat pendant au moins huit ans pour bénéficier pleinement des avantages fiscaux.
Avec un taux brut moyen de 3,60% pour les fonds euro l'an dernier et une fiscalité de 12,1%, le rendement net ne dépassait guère les 3,1%. Et pour les contrats dont la durée de vie est supérieure à huit ans, l'imposition de 19,6% fait passer le rendement de l'assurance-vie sous la barre des 3%.
Le constat actuel du marché de l'assurance vie amène ainsi à une claire conclusion. Face à une concurrence renforcée des produits liquides, avec une marge de manœuvre réduite s'agissant de l'utilisation des taux garantis, et soumis à une épée de Damoclès sur le plan du régime fiscal, les compagnies d'assurance devront redoubler d'efforts pour dénicher le bon filon et trouver la bonne astuce permettant de maintenir un vif intérêt de la part des Français pour ce produit d'épargne phare qui plus est bien utile pour le financement de l'économie.
Imen Hazgui
Publié le 10 Août 2010





