industrie
Les femmes : un atout pour la performance des entreprises ?
(Easybourse.com) A en croire plusieurs études, la présence de femmes au sein des comités de direction offrirait de meilleures performances et une plus grande compétitivité comparé à celles des entreprises dirigées majoritairement par des hommes. Reste que si les mentalités évoluent, la question de la mixité demeure pour beaucoup un sujet peu prioritaire.
À lire dans ce dossier.
- Page 2 : Le bon côté des quotas
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Interview
Caroline Grinda
Gérante
Valeurs féminines
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Interview
Anne-Laure Vincent
DG
Aufeminin.com
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Interview
Dunya Bouhacene
Présidente
Women Equity for Growth
En 2007 déjà, une première étude du cabinet McKinsey & Company a tenté de mettre la puce à l’oreille des dirigeants d’entreprises, en leur démontrant que la mixité serait un fort levier de performance. Rappelant par la même occasion les disparités hommes/femmes dans les sociétés européennes, en particulier au niveau du management des entreprises, l’enquête «Women Matter» 2007 a finalement démontré l’existence d’une corrélation positive entre la proportion de femmes dans les comités de direction et la performance des sociétés.
Entreprises féminines plus performantes
Une observation que confirme sur le terrain Caroline Grinda, gestionnaire du fonds français Valeurs féminines de Conseil Plus Gestion et Gestion Plus Finance, selon qui la mixité «constitue un facteur de richesse et de création de valeur» (cf interview). En résumé juge-t-elle, «la performance des entreprises est bien supérieure pour celles qui sont dirigées par des femmes ou dont les instances de direction sont féminisées.»
On retrouvera donc dans son fonds Valeurs féminines, des sociétés où la présence de femmes dans les instances de direction est d’au moins 20%, telles qu’Areva, Pernod Ricard, Pierre & Vacances, Publicis, Rémy Cointreau, Sodexo, etc. Preuve d’une évolution des mentalités, le nombre d’entreprises, à forte présence féminine dans le top management, s’est nettement renforcé depuis la création du fonds en 2005, représentant aujourd’hui 70% du portefeuille d’actions.
Quant aux résultats du fonds, même s’ils ne sont pas mirobolants -+6,6% depuis le début de l’année-, ils performent néanmoins leur propre indice de référence, le DJ Eurostoxx50 qui est à -3% depuis début 2010. «Nous sommes donc à +9,6% de différentiel positif, sachant que la valeur de la part est à 152,6 euros, soit une valeur légèrement supérieure à celle d’origine, il y a 4 ans et demi quand nous avons lancé le fonds (150 euros le 14/10/2005). Entre-temps, le marché a perdu près de 15%.»
Des femmes plus pragmatiques
S’il semble désormais avéré que la présence des femmes dans le management peut améliorer significativement la performance des entreprises, la question de savoir «comment» reste entière, ou presque. Selon la gérante de Gestion Plus Finance , «les hommes, chefs d’entreprise, prennent conscience que la femme apporte des qualités complémentaires et différentes, et que cela est créateur de richesse pour l’entreprise (…)»
Anne-Laure Vincent, directrice général du site internet Aufeminin.com, évoque elle certains traits de caractère «distinguants», comme la communication et la recherche de dialogue. Selon cette dernière, «il y a un management légèrement différent entre les hommes et les femmes, peut-être plus social, donc plus tourné vers l’individu et l’écoute.» Et d’ajouter que «les femmes ont plus un management consensuel qu’un management autocratique».
En d’autres termes, «avoir plus de femmes permet d’avoir un autre regard par rapport au management, mais également par rapport à la stratégie de l’entreprise ou à son marché. D’ailleurs, quelque soit le secteur, on a en général un marché qui n’est pas uniquement masculin ou féminin.»
Confirmant ce ressenti, le cabinet McKinsey met en exergue cinq comportements de leadreship que les femmes pratiquent plus souvent que les hommes. Les femmes apparaissent ainsi plus à l’écoute des besoins, consacrent plus de temps à la formation et au mentorat, elles se montrent également plus attentives dans l’élaboration d’objectifs et dans leur suivi, elles suscitent davantage d’optimisme pour l’avenir et montrent l’exemple, s’attachant aux conséquences éthiques des décisions prises, enfin elles favorisent les prises de décision collectives.
Cette étude cherche avant tout à montrer que la mixité est un facteur d’amélioration de la performance et de la compétitive des entreprises. Reste que si 49% des hommes reconnaissent l’impact positif des femmes sur la performance des sociétés, 51% d’entre eux n’en sont toujours pas convaincus, quand 29% n’ont aucune opinion.
De quoi donner raison au député Marie-Jo Zimmermann dont le projet de loi vise à imposer des quotas de femmes dans les conseils d’administration des entreprises, ou à Caroline Grinda pour qui «imposer par une loi l’obligation pour les entreprises de recruter un certain nombre de femmes dans leurs conseils de direction, est la seule solution pour changer les choses de manière radicale.»
Nicolas Sandanassamy
Retrouvez ici la suite de notre dossier, Le bon côté des quotas
Publié le 09 mars 2010







